journal du désert (1)

traversée du désert, je me retrouve devant un jeune à expliquer ma vie pour du taf
je sors de là, je ne crois plus en rien, expliquer ses trous dans un cv de malade, 6 ans de plus ou moins vide dans les douleurs extrêmes, mais lui ne peut pas comprendre …
tu sors, il y aurait un tgv pas loin tu te mets dessous
demain autre entretien avec l’employeur direct, du coup , c’est déjà l’echec puisque je n’y crois pas
juste envie de foutre le camp dans un endroit désertique
plus personne, plus de nourriture, plus de rien, tu reste là tu contemple jusqu’à la douleur de la fin
tu crève, tu fais plaisir à l’indifférence
noir de chez sombre, désert de chez solitude extrême
aucun espoir
je crois juste à la poussière, la vie est brève, elle devrait l’être encore plus
moins de cons
dans quoi s’investir quand tu n’a aucun espoir en quoi que ce soit ?
t’es foutu d’avance, le grand looser de toi même
mais puisque tu t’en fous de tout …
pas envie de cotoyer les trentenaires, ni les quadra, ni les quinquas, ni rien.

tu as vu le tout début d’internet, « le tchat intercontinental », today :
« blog, mode, beauté, lifestyle, diy » … tout est dit … ou presque
encore moins les twenty et encore encore moins les zado et les zadistes
images faussée du monde, image fausse de soi, fosse devant soi, et Faust est en toi, « journal d’un dingue inutile »,
la terre nous survivra, fort heureusement, je ne survivrai pas à la terre, ni aux invasions barbares … il suffirait plus que mes mains foutes le camps, ne pas attendre donc …
j’attends le big cataclysme, donc je n’attends rien
je ne loue rien
je ne prie rien (suite)

MutaGen02hBl5DD3lA;kAECB4AjF403k352~

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détrangesfils

peux tu me sauver
mots néant perdus
déchirés des sensations
la mer ne peux te sauver
inachevés,nous sommes nus
le temps déserte l’horizon
de peurs mes mains entrelacées
nouant des pensées de pierre
noyée,va rejoindre la rivière
mes yeux d’obscures nuées
sont clos jusqu’à l’éternité
mon enfant où est ma lumière
elle a fuit le baiser
de la mort destinée
mes lèvres meurtries d’hier
seront à jamais fermées
le ciel  tombe imbibée
de l’atmosphère des larmes endeuillées

CIORAN: Exercices négatifs

EXASPÉRATION

Je comprends l’état de celui qui renonce au monde : qu’est-ce qu’on y trouve qui vaille la peine d’y rester ? Je vis au seuil du couvent : le manque de foi m’empêche d’y entrer ; d’autre part, le dégoût des hommes m’[en]159 éloigne, et je suis aussi peu à Dieu qu’à ses fils. Je n’ai que l’imitation du moine sans ses certitudes, son horreur du temps sans l’espoir de l’éternité, et une vision de la vie qui m’oblige [à] la fuir sans moyen de lui substituer autre chose, ne pouvant chérir ses balivernes ni me reposer dans l’absolu. Tout me bannit du monde ; tout m’arrête dans la marche vers le ciel, et je n’ai qu’une tristesse sans direction, une âme sans caractère, un moi ivre d’une liberté qui le perd. Je me représente toutes les haines de tous ceux qui abandonnèrent le monde : je les assume ; toutes les crispations qui firent frissonner les monastères : je les ressens ; tous les cauchemars qui traversèrent les solitudes : je les prends à mon compte.

(CIORAN, Exercices négatifs)

marches

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pourquoi m’as tu fais créature
faible à en mourir
mer immense perdu en son vide
je suis l’intérieur à jamais ouvert

sans place racheté au néant
j’immerge mon ame broyée
jusqu’au large sourire noir
de mon avenir hagard de mon sang

il n’y a plus de larve d’espoir
jusqu’au sombre dédale de l’irréel
la foret nocturne de mon ame éternelle
déborde les nuits obscures du dehors

mortes nuits de l’extase atrophiée
j’implore ce qu’il reste du dedans
l’enfer écarlate d’un territoire déchiré
brûlant les chairs des martyrs délirants

dans l’oeil unique d’un regard emporté
un impossible paraître mort-né agonise
l’avenir sans éclore toujours m’étouffe

fleuris toujours mon ame en ce sombre gisant
je marche pleurant ma dernière enveloppe
au vent des tempêtes hurlantes
solitaires douleurs du cyclope

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rien que le vide

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rides

antre intérieur de mon être
entre l’air absent désert vide

au bord du gouffre antérieur
je voyage vers la mort peut être

en dehors de l’air je respire
inspire la mort insipide

de l’hiver noir livide linceul
je sors torture chaque jour en demeure

lendemain inexistant à me faire vivre
encore torture à voir les noirs délires

scié en deux folles rages perdues
je fuis vers le sombre horizon de mon ame nue

à me faire peur o monstres livides
à me faire pur jusqu’à l’excès de jour

je suis flamme je suis cendre dessine
les signes obscurs de la nuit si putride

elle me dévore sous la lune vampire hurlante
doucement déchiqueté dans le sang des machines

je soupire agonie ton odeur d’ étrange gouffre
au fond de l’ultime ma vie à toi enfin s’essouffle.

Agno

leaving to death

habitant-des-abysses

l’abime
fleuve destin de perle
et l’heure arrive
morte irréelle
elle me regarde
déchiré par le vague
rien ne peut t’arrêter
car l’avenir assassin frappe encore
dévoré par le sang de souffrance
le vin de la miséricorde
coule à flot en mes entrailles
la voie du souvenir solitaire
écarlate en mes yeux écorchés
d’un seul coup de rage immobile
l’abîme déchaînée a projeté la dernière vision
la lumière des cieux foudroya mon âme
transpercée du sombre anéantissement
la larve du temps m’avala au jamais de l’histoire
au tréfonds d’un océan ivre de mes pleurs
engloutie par l’ultime conscience livide
brusque néant arrachant le soleil des coeurs
l’heure est au désastre et le mensonge vomit ses secondes
le cercueil de nos envies disparaît sous les décombres
et je me couche à présent dans la putréfaction de mon passé
livide
l’abîme est moi
invité du deuil en colère
le feu des ames noires brûlent nos espoirs
les corps stériles sont désormais silencieux
le grand secret est notre tombe
l’abime notre maison
notre raison livide
notre maison en pleur

les barbares

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Tellement d’occasion de se rendre compte que nous vivons dans un monde barbare et cruel mais en même temps plein d’espoir et de paix.

je sors de la supérette ce midi, un homme noir viens vers moi … non il n’a pas d’armes … d’ailleurs il vient pour m’informer, il sort sa carte de membre de l’assos.

il est membre d’une association malienne, il se bat contre l’excision des petites filles au Mali, il me fait signer une pétition et me demande une contribution, je n’ai que 5 euros.

il me demande si je connais l’afrique ? deux ans de maroc, deux de tunisie, deux ans d’afrique du sud dans mon enfance, un père qui voyage et fait les chantiers..

il me demande si je connais ces pratiques, oui , bien sur, je ne peux pas rester indifférent à ce genre de cruauté aux conséquences si graves sur la santé physique et mentale des filles et des jeunes femmes, que d’horreurs en ce bas monde …

déjà que la circoncision c’est barbare, imaginez si en plus on coupait le bout du gland ! ouai, le truc qui serait vraiment débile et d’une douleur extrême voire mortelle, c’est ce qui arrive à des petites filles et des ados, l’abomination de ce genre de tradition, comment le monde peut aller bien ?

il me remercie, je lui demande à quoi servira cet argent : achat d’antibiotique entre autre …

je me méfie toujours de ce genre de demande aux sorties de magasin, même si il y a une association créée, on ne sait pas trop à quoi sert cet argent, pas de rapports d’activité, on donne par confiance.

je lui demande une adresse mail, il me donne son papier contenant l’email, la déclaration d’asso et le siège social sur Marseille, ça à l’air valable, je vérifie en rentrant.

cela me permet de tomber sur une asso plus connue et des articles: (qq pages parmis d’autres)sources :

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En France, la bataille contre l’excision n’est pas encore gagnée – Afrique. (s. d.). Consulté 21 novembre 2015, à l’adresse http://www.rfi.fr/afrique/20131124-manifestation-excision-femmes-france-mutilation-sexuelle-genitale-afrique-clitoris-mali
Fomba, H. (s. d.). L’excision au Mali : une pratique néfaste à bannir. Consulté 21 novembre 2015, à l’adresse http://www.afrik.com/l-excision-au-mali-une-pratique-nefaste-a-bannir
III. La LDIF contre l’excision en France > Contre l’excision > LDIF. (s. d.). Consulté 21 novembre 2015, à l’adresse http://www.ldif.asso.fr/?theme=excision&n=28
Mutilations sexuelles féminines. (s. d.). Consulté 21 novembre 2015, à l’adresse http://www.federationgams.org/msf.php

souviens-toi

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L’horloge (C.Baudelaire)

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit :  » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! « 

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(Proverbes 4:18-19)
Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, Dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour.
La voie des méchants est comme les ténèbres; Ils n’aperçoivent pas ce qui les fera tomber.

———————–

Mais il y aura toujours des gros cons débiles sur la planète …

————————-

pro fond’heure

droit vers des profondeurs
lame vague noire perce
des magmas noyés sanglant mon coeur
d’océans antédiluvien immense blessure
l’ombre traverse
jusqu’au cimetière de mon ame
couchée là à jamais
qui ne se lève plus
soleil mort des profondeurs
et les poumons espèrent
encore une seconde la renaissance
tout est froid
de flamme éteinte
mais l’espoir démembré
comme une carcasse juste après un baiser
tranché net
ouvrant les profondeurs
d’un désespoir préhistorique
et la noirceur enfonça ses crocs de bêtes
dans mon cou innocent
et je vois cette rivère rouge
et je ne peux plus appeler
juste là, les profondeurs

insaisissables

sang fuyant

je ne sais pas
je ne sais rien
tout est pluie
aux ondes du devenir
la fosse se remplie
où est ton fond ?
nulle part bien sûr
nulle part
les fenêtres d’eau se couvrent
et fermes les yeux
le jour reviendra t il ?
la nuit tourne l’ame
dans le puits inconnu
d’une clarté incompréhensible
le silence a mordu la bouche
le frêle oeil a fermé la porte
et j’attends
le coeur noyé
bercé par l’inconnu
je ne connais rien