leaving to death

habitant-des-abysses

l’abime
fleuve destin de perle
et l’heure arrive
morte irréelle
elle me regarde
déchiré par le vague
rien ne peut t’arrêter
car l’avenir assassin frappe encore
dévoré par le sang de souffrance
le vin de la miséricorde
coule à flot en mes entrailles
la voie du souvenir solitaire
écarlate en mes yeux écorchés
d’un seul coup de rage immobile
l’abîme déchaînée a projeté la dernière vision
la lumière des cieux foudroya mon âme
transpercée du sombre anéantissement
la larve du temps m’avala au jamais de l’histoire
au tréfonds d’un océan ivre de mes pleurs
engloutie par l’ultime conscience livide
brusque néant arrachant le soleil des coeurs
l’heure est au désastre et le mensonge vomit ses secondes
le cercueil de nos envies disparaît sous les décombres
et je me couche à présent dans la putréfaction de mon passé
livide
l’abîme est moi
invité du deuil en colère
le feu des ames noires brûlent nos espoirs
les corps stériles sont désormais silencieux
le grand secret est notre tombe
l’abime notre maison
notre raison livide
notre maison en pleur

fuir du crane en panne

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une chose horrible est arrivée
je suis né un jour
je ne sais pas ce que c’est je
et je sais parfaitement le comment du pourquoi
je est un secret
je n’est qu’une ruine ouverte aux quatre vents
observe et ne comprends pas
voir les autres
savoir ce qu’est il
et ne jamais savoir ce que ce autre est
je interchangeable
jamais communicant
illusion de l’unique
illusion de communication
je est le cerveau primaire qui ne comprend pas son adaptation
sa biologie sociale, psychique, fondamentale
je est l’illusion
tu es aussi l’illusion, l’illusoire
je égocentrique excentrique
qui se cherche à l’intérieur du tu
de l’autre
du vide
de l’inutile, du connaissable étranger méconnaissable
je est l’autre
je t’aime aussi
et je fuis le monde
je cherche l’autre et je nait que solitude
jeu perdu
je victime et bourreau
je pendu à qui il manque l’accord parfait
je se vautre dans l’infâme et la déchéance
je est immonde noyé dans le monde du sulfure
je n’est pur que isolé
mais je est parfait noyé dans la crasse foule
je ambigu jeu d’angle je sangle attaché par les autres et mis en cellule
je pense
je fatigué au bord du gouffre
ermite sans elle sans eux sans éclosion
jeu caché je en enfer et je au paradis
jeu fragile et la mort à 5 mn
je de passage et de douleurs, jeu de croix, je de guerre, je de paix, jeu d’immense et d’infini, je ne peux penser l’être, je n’est que non être dans sa totale incomplétude séparé à jamais de l’autre comme deux mante religieuse
je est cannibale je est amour je est un jeu
je n’est que folie isocèle
scellé de neurones emmêlées aux biologies insondables nées du chaos baignées de chaos
à la recherche du je d’yeux et du miroir maudit l’autre
je pleure toi

je te fuit à ta rencontre

sans fin sans but en s’arrachant des buttes au sommet du non sens en voyant l’invisible et l’inutile de sa beauté la beauté de l’arrachement électrocuté par la douleur du vide présent et futur

fuir à perpétuité