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Peut-on vraiment croire à la légèreté de l’univers ? – et à sa beauté ?
En théorie, oui. Très facilement.
En pratique… ?
Non, de telles croyances, si passionnément qu’on y adhère, moquent nos perceptions ordinaires. « Dieu est amour », etc. Une insulte à ceux qui souffrent. « Dieu est Dieu est tout » : la somme totale de l’univers. Ni bon ni mauvais. Juste une immense démocratie. On balance entre embrasser cette conviction… et la fuir avec horreur.
L’hubris qu’il y a à « accepter » l’univers.
Que suis-je, en fin de compte, sinon un champ d’expériences… un réseau d’événements… ? Ils restent en suspension, dans un sens, tant que « je » existe. Quand « je » se dissout, ils se dissolvent aussi. (Exception faite, bien entendu, de ceux qui ont été notés par écrit.) Et même ainsi…

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7 janvier 1973. Fascinant, l’esprit humain ; insondable. Penser que nous habitons l’œuvre la plus magnifique, la plus ingénieuse de l’univers… à savoir le cerveau humain… et que nous l’habitons sans grâce, avec désinvolture, rarement conscients du phénomène dont nous avons hérité. Comme des gens qui, à l’intérieur d’une magnifique demeure, n’occuperaient que deux ou trois pièces sordides. Nous ne savons même pas ce qui pourrait nous attendre dans les étages supérieurs ; nous sommes réduits à contempler les motifs du plancher devant nous. De temps à autre, un rêve/une vision profonde, vraiment alarmante, franchit la barrière et nous contraint à reconnaître la présence d’une force plus grande que nous, contenue on ne sait comment dans notre conscience.

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Un journal comme un travail de prise de conscience. Tenter de noter, non seulement le monde extérieur, non seulement les « pensées » vagabondes, fugitives, éphémères, qui nous frôlent comme des moucherons, mais l’authenticité réfractaire et inviolable de la vie quotidienne (quotidienneté, journalité, normalité, banalité).
Le défi : noter, sans falsifier, minimiser ni « dramatiser », les processus extraordinairement subtils par lesquels le réel est rendu plus intensément réel par l’entremise du langage. C’est-à-dire par l’entremise de l’art. Analyser sans relâche la « conscience » que j’habite, qui est habitée avec autant d’aisance et de grâce qu’un serpent habite sa peau remarquable… et avec aussi peu de conscience de soi. « Mon cœur mis à nu ». La rigueur sévère d’un confessionnal qui est toujours en séance mais ne peut promettre aucune absolution.
« Il n’y a de bonheur que dans la raison, dit Nietzsche. La raison suprême, cependant, je la vois dans le travail de l’artiste, et peut-être le vit-il ainsi… Le bonheur réside dans la rapidité du sentiment et de la pensée : le reste du monde est lent, graduel et bête. Quiconque pourrait percevoir la course d’un rayon de lumière serait très heureux, car elle est très rapide… »
La solitude de Nietzsche. Stoïcisme ; et puis frénésie. (Le stoïcisme ne finit-il pas par mener à la frénésie ?

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Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature, La civilisation nous concentre de plus en plus autour de grandes villes ; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l’eau.
N’ayant plus ces contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales.
Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans des musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d’autrui, nous pensons beaucoup à l’art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l’art? Est-ce une évasion? Un stimulant. Lorsqu’on est directement en contact avec la nature ; lorsqu’on observe le mouvement de l’oiseau sur son aile ; lorsqu’on voit la beauté de chaque mouvement du ciel ; lorsqu’on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d’un visage, pensez-vous que l’on trouve le besoin d’aller voir des peintures dans un musée ? Peut-être est-ce parce que vous ne savez pas voir tout ce qui est autour de vous que vous avez recours à quelque drogue pour stimuler votre vision.

Livre,m.ricard,t. L’Infini dans la paume de la main

En fin de compte, si on écarte le hasard et la théorie des univers parallèles et si on postule qu’il y a un seul univers, le nôtre, je pense qu’il faut parier, comme Pascal, sur l’existence d’un principe créateur.

M. – Fort bien. Examinons ce principe. Tout d’abord, suppose-t-il une volonté de créer ?

T. – Il aurait réglé les constantes et les conditions initiales pour qu’elles aboutissent à un univers conscient de lui-même. Libre à nous de l’appeler Dieu ou non. Pour moi, ce n’est pas un Dieu personnifié, mais un principe panthéiste omniprésent dans la Nature. Einstein l’a décrit ainsi : « Il est certain que la conviction, apparentée au sentiment religieux, que le monde est rationnel, ou au moins intelligible, est à la base de tout travail scientifique un peu élaboré. Cette conviction constitue ma conception de Dieu. C’est celle de Spinoza. »

La science moderne a d’ailleurs éclairé d’un jour nouveau certains arguments utilisés par les philosophes et les théologiens occidentaux du passé pour démontrer l’existence d’un Dieu « classique ». L’argument de la complexité, tout d’abord, affirme que seul un Créateur peut être responsable d’un univers si complexe et structuré : une montre ne peut être que l’œuvre d’un horloger, elle ne s’assemble pas toute seule. Un livre ne peut être écrit en jetant sur une table un encrier, une plume et des feuilles de papier. Mais cet argument est mis à mal par la science contemporaine qui montre que des systèmes très complexes peuvent résulter d’une évolution tout à fait naturelle selon des lois physiques et biologiques connues, et que nul n’a besoin de faire appel à un Dieu horloger.

Vient ensuite l’argument « cosmologique » utilisé par Platon, Aristote, saint Thomas d’Aquin et Kant : tout a une cause. Or il ne peut y avoir une chaîne infinie de causes contingentes. Celle-ci doit nécessairement s’arrêter à une cause première, qui est Dieu.

M. – Voilà un argument bien curieux. Pour quelle raison la chaîne des causes ne serait-elle pas infinie dans le temps et la complexité ? Cela contredit-il quelque loi de la nature ? À quel nombre de causes devrions-nous nous arrêter pour dire : « Ça suffit, je ne vais pas continuer à remonter dans le temps ad infinitum, passons à un créateur sans cause » ?

(Cf. L’Infini dans la paume de la main)

le numérique

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« Quiconque adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main,
lui aussi boira du vin capiteux de Dieu qui a été préparé sans mélange dans la coupe de Sa colère. Et ils seront tourmentés dans le feu et le soufre en présence des anges, et en présence de l’agneau ; et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles, et ils n’ont de repos, ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.

(Apocalypse 14:10-11)

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sur Cioran et le desespéré

« Ce rapport à soi s’apparente à un stoïcisme au sens large. Il peut prendre diverses formes, suivant le degré d’activité du moi ou encore sa force de volonté pour devenir réellement cet infini qu’il désire être. Passif, concentré sur la conscience de sa souffrance infinie, il cherchera à la sublimer dans un renoncement extatique qui, par dissolution du moi, pourrait, grâce à l’oubli, combler le vœu de paix du désespéré. Actif au contraire, il cherchera à se rendre maître de ce moi en lui imposant des tâches surhumaines, à la mesure de sa volonté de puissance sur soi. Pour Kierkegaard, ces objectifs démesurés ne sont « jamais que des châteaux en Espagne », constructions artificielles, « moulins à vent »154 dont la seule justification est de permettre une apparente domination de soi. Dans les deux cas, dit-il, le désespéré trouve dans l’exaltation des souffrances infinies du moi plaisir et jouissance. C’est pourquoi il ne songe pas en réalité à se défaire de lui. À travers tous les processus de sublimation ou de défi, ce moi demeure « l’écharde dans la chair »,155 refusant toute aide, comme humiliante, tant d’autrui que de Dieu. Ce désespoir orgueilleux ne tarde pas à devenir démoniaque : le désespéré, croyant trouver dans sa souffrance la preuve de son exceptionnelle supériorité, se dresse contre l’ensemble de la Création et Celui qui l’a ordonnée, pour être totalement son moi malgré Lui, sans Lui. Comme chez les poètes maudits, le défi éternel contre toute la vie est à ses yeux la preuve que c’est la vie même qui est maudite, et qu’au cœur de cet enfer du mal, lui seul, tel un ange déchu, règne. Car lui seul sait que tout, hormis le mal, est mensonge. »

N. PARFAIT

CIORAN OU LE DÉFI DE L’ÊTRE

plongeons à l’envers

Simone Weil, La  pesanteur et la grace, 1943

Se dépouiller de la royauté imaginaire du monde. Solitude absolue. Alors on a la vérité du monde.

Deux manières de renoncer aux biens matériels
S’en priver en vue d’un bien spirituel.
Les concevoir et les sentir comme conditions de biens spirituels (exemple : la faim, la fatigue, l’humiliation obscurcissent l’intelligence et gênent la méditation) et néanmoins y renoncer.
Cette deuxième espèce de renoncement est seule nudité d’esprit.
Bien plus, les biens matériels seraient à peine dangereux [21] s’ils apparaissaient seuls et non liés à des biens spirituels.

Renoncer à tout ce qui n’est pas la grâce et ne pas désirer la grâce.
L’extinction du désir (bouddhisme) ou le détachement – ou l’amor fati – ou le désir du bien absolu, c’est toujours la même chose : vider le désir, la finalité de tout contenu, désirer à vide, désirer sans souhait.
Détacher notre désir de tous les biens et attendre. L’expérience prouve que cette attente est comblée. On touche alors le bien absolu.

En tout, par-delà l’objet particulier quel qu’il soit, vouloir à vide, vouloir le vide. Car c’est un vide pour nous que ce bien que nous ne pouvons ni nous représenter ni définir. Mais ce vide est plus plein que tous les pleins.

Simone Weil, La  pesanteur et la grace, 1943

définition philo : D’yeut

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© son auteur sur DeviantArt

(©coll. queue c’est je ? laissant maux de la phi l’eau)

 

7 ‒ Dieu

Dans le cadre des philosophies monothéistes, « Dieu » a souvent été défini comme une « substance infinie » (⇒ 64) ou un « être infiniment parfait ». La détermination de la nature de ces perfections, ou « attributs », de Dieu, varie suivant les penseurs. Les plus souvent mentionnés sont des attributs « métaphysiques », comme l’unicité, l’éternité, la nécessité, l’omniscience, la toute-puissance, et des attributs « moraux », comme la sagesse, la bonté, la justice. Les philosophies d’inspiration chrétienne conçoivent de plus Dieu comme un être personnel et aimant, qui crée le monde, y intervient parfois et organise la vie des hommes par sa providence. On appelle théodicée l’examen de la question de la compatibilité de l’existence de Dieu et de celle du mal.

La partie de la philosophie abordant la question de « Dieu » est nommée théologie (c’est-à-dire « discours sur Dieu ») naturelle, ou rationnelle. Elle se différencie d’autres types de discours (foi, révélation, expérience mystique, etc.) par sa prétention à traiter de Dieu de façon argumentée et rationnelle : même si elles ne s’excluent pas forcément, on doit donc ne pas confondre d’une part la figure de Dieu « sensible au cœur » (Pascal) rencontrée par la foi (⇒ 11) dans le cadre de l’expérience religieuse et d’autre part le « Dieu des philosophes et des savants », un concept qui occupe des places et des fonctions variables dans différentes philosophies.

On appelle théisme une pensée qui tient un tel discours positif sur Dieu, athéisme une pensée qui établit son inexistence, agnosticisme une pensée qui estime ne pas pouvoir se prononcer sur le sujet. Réfléchir philosophiquement à « Dieu » suppose dans tous les cas qu’on prenne ses distances avec les représentations particulières véhiculées par les cultures ou religions dominantes et qu’on admette que toutes les questions sont susceptibles d’être posées à son sujet : existe-t-il ? Y a-t-il un ou plusieurs dieu(x) ? La puissance de Dieu est-elle limitée ? Dieu s’identifie-t-il à la nature (Spinoza) ? « Dieu » est-il un nom propre ou un nom commun ?, etc.

Le fait qu’on fasse de moins en moins appel à « Dieu » comme opérateur philosophique et principe d’explication du monde est un des aspects du processus que Nietzsche a désigné comme la « mort de Dieu ».

comme c’est dimanche, je marchais, étant là puis plus loin, très loin, respirant, fourmi microscopique de l’univers, du cosmos qui s’agrandit chaque seconde, qu’être dans l’univers ? et toutes ces paroles des uns contre les autres ? qui s’accrochent comme la vermine au squelette non encore entièrement décomposé, carcasse pensante croisant le mot fin et l’infinitude de la pensée, marchant pénultième pas sur le chemin comme dirait Jankélévitch , merde, nous pouvons être si grand mais la vermine nous ronge le cerveau, qu’est ce que être ? ne pouvons nous pas être de type fourmis ? identique , dans le rang , dans la sécurité ? nous sommes jetés au monde dans l’effroyable être de la division de la volonté de puissance, de controle d’insoumission, de pouvoir être total et en même temps corrompu dés la naissance à une idéologie culturelle qui t’a déjà ingéré …

qu’est ce qu’être ?

Partager: La pensée extrême

Certaines idées paraissent relever de l’irrationalité aux observateurs parce qu’ils se fondent uniquement sur leur contenu, souvent en rupture avec le sens commun, et négligent le caractère graduel de l’adhésion à ces idées. Or, chaque moment de l’adhésion peut être considéré, dans son contexte, comme raisonnable, même si, à son terme, celle-ci apparaît à l’observateur comme relevant légitimement du grotesque. La doctrine finale peut bien être moquée par les commentateurs, elle ne suscite l’adhésion du futur croyant qu’après de nombreuses étapes. Ce point est particulièrement important car il est souvent à l’œuvre dans les croyances extrêmes.

Certains individus en viennent à adhérer à des idées qui semblent indéfendables à la plupart des autres individus (lesquels se demandent, justement, comment il est possible d’endosser de pareilles idées sans être fou), mais c’est généralement le fruit d’un parcours intellectuel gradué. Chaque étape a poussé l’individu vers la pensée extrême, mais chacune d’entre elles, prise séparément, peut sans doute être considérée comme raisonnable. L’observateur, qui n’est pas prêt à faire l’effort de reconstruire le cheminement intellectuel de celui dont il observe les croyances, passe à côté de l’essentiel, car il ne perçoit que l’idée constituée, sans rien voir de son processus de constitution.

(Moon+ Reader v3.0, La pensée extrême)

Partager: L’ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche

Lorsque dans les siècles à venir sera publié l’histoire de mes glorieux exploits, se disait-il, nul doute que le sage qui tiendra la plume, venant à raconter cette première sortie que je fais si matin, ne s’exprime de la sorte: A peine le blond Phébus commençait à déployer sur la spacieuse face de la terre les tresses dorées de sa belle chevelure, à peine les petits oiseaux, nuancés de mille couleurs, saluaient des harpes de leurs langues, dans une douce et mielleuse harmonie, l’Aurore au teint rose quittant la couche de son vieil époux pour venir éclairer l’horizon castillan, que le fameux chevalier don Quichotte de la Manche, désertant la plume paresseuse, monta sur son fidèle Rossinante, et prit sa route à travers l’antique et célèbre plaine de Montiel. C’était là qu’il se trouvait en ce moment. Heureux âge, ajoutait-il, siècle fortuné qui verra produire au grand jour mes incomparables prouesses, dignes d’être éternisées par le bronze et le marbre, retracées par le pinceau, afin d’être données en exemples aux races futures!

(Moon+ Reader v3.0, L’ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche),cervantes

Le chant de l’Amour

Un livre de la bible fort intéressant, le cantique des cantiques
Ca ne parle que d’amour, rien que ça (c’est vrai )
Certains devraient s’en inspirer, de nos jours il faut certes l’étendre mais l’essentiel y est, le respect, l’égalité et les hauts sentiments , comme quoi, la religion réserve des surprises, et on ne peut qu’apprécier ce rappel, ce genre de pureté du coeur.
Et on ne peut que déplorer toute la violence au sein des couples de nos jours, quels que soient les motifs …

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analyse des mots sur tout ce livre :

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Cantique 4 (Song of Songs 4)

1  Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

2  Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, Qui remontent de l’abreuvoir; Toutes portent des jumeaux, Aucune d’elles n’est stérile.

3  Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante; Ta joue est comme une moitié de grenade, Derrière ton voile.

4  Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal; Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des héros.

5  Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d’une gazelle, Qui paissent au milieu des lis.

6  Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient, J’irai à la montagne de la myrrhe Et à la colline de l’encens.

7  Tu es toute belle, mon amie, Et il n’y a point en toi de défaut.

8  Viens avec moi du Liban, ma fiancée, Viens avec moi du Liban! Regarde du sommet de l’Amana, Du sommet du Senir et de l’Hermon, Des tanières des lions, Des montagnes des léopards.

9  Tu me ravis le coeur, ma soeur, ma fiancée, Tu me ravis le coeur par l’un de tes regards, Par l’un des colliers de ton cou.

10  Que de charmes dans ton amour, ma soeur, ma fiancée! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!

11  Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée; Il y a sous ta langue du miel et du lait, Et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.

12  Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée.

13  Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents, Les troënes avec le nard;

14  Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l’encens; La myrrhe et l’aloès, Avec tous les principaux aromates;

15  Une fontaine des jardins, Une source d’eaux vives, Des ruisseaux du Liban.

16  Lève-toi, aquilon! viens, autan! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent! -Que mon bien-aimé entre dans son jardin, Et qu’il mange de ses fruits excellents!

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image autour de la colombe :

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hard corps

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LE CHOEUR. Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, oeuvre d’un artiste.
Ton nombril est une coupe arrondie, où le vin aromatisé ne manque pas. Ton ventre est un monceau de froment, entouré de lis.
Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle.
Ton cou est comme une tour d’ivoire ; tes yeux sont comme les piscines d’Hésébon, près de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la Tour du Liban, qui surveille le côté de Damas.
Ta tête est posée sur toi comme le Carmel, la chevelure de ta tête est comme la pourpre rouge ; un roi est enchaîné à ses boucles.
L’ÉPOUX. Que tu es belle, que tu es charmante, mon amour, au milieu des délices !
Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à ses grappes.
J’ai dit : je monterai au palmier, j’en saisirai les régimes. Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
et ton palais comme un vin exquis! L’ÉPOUSE. Qui coule aisément pour mon bien-aimé, qui glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment.
Je suis à mon bien-aimé, et c’est vers moi qu’il porte ses désirs.
Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs; passons la nuit dans les villages.
Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne bourgeonne, si les bourgeons se sont ouverts, si les grenadiers sont en fleurs; là je te donnerai mon amour.
Les mandragores font sentir leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits; les nouveaux et aussi les vieux : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.

La Bible Augustin Crampon 1923: Cantique des cantiques Chapitre 7