Livre,m.ricard,t. L’Infini dans la paume de la main

En fin de compte, si on écarte le hasard et la théorie des univers parallèles et si on postule qu’il y a un seul univers, le nôtre, je pense qu’il faut parier, comme Pascal, sur l’existence d’un principe créateur.

M. – Fort bien. Examinons ce principe. Tout d’abord, suppose-t-il une volonté de créer ?

T. – Il aurait réglé les constantes et les conditions initiales pour qu’elles aboutissent à un univers conscient de lui-même. Libre à nous de l’appeler Dieu ou non. Pour moi, ce n’est pas un Dieu personnifié, mais un principe panthéiste omniprésent dans la Nature. Einstein l’a décrit ainsi : « Il est certain que la conviction, apparentée au sentiment religieux, que le monde est rationnel, ou au moins intelligible, est à la base de tout travail scientifique un peu élaboré. Cette conviction constitue ma conception de Dieu. C’est celle de Spinoza. »

La science moderne a d’ailleurs éclairé d’un jour nouveau certains arguments utilisés par les philosophes et les théologiens occidentaux du passé pour démontrer l’existence d’un Dieu « classique ». L’argument de la complexité, tout d’abord, affirme que seul un Créateur peut être responsable d’un univers si complexe et structuré : une montre ne peut être que l’œuvre d’un horloger, elle ne s’assemble pas toute seule. Un livre ne peut être écrit en jetant sur une table un encrier, une plume et des feuilles de papier. Mais cet argument est mis à mal par la science contemporaine qui montre que des systèmes très complexes peuvent résulter d’une évolution tout à fait naturelle selon des lois physiques et biologiques connues, et que nul n’a besoin de faire appel à un Dieu horloger.

Vient ensuite l’argument « cosmologique » utilisé par Platon, Aristote, saint Thomas d’Aquin et Kant : tout a une cause. Or il ne peut y avoir une chaîne infinie de causes contingentes. Celle-ci doit nécessairement s’arrêter à une cause première, qui est Dieu.

M. – Voilà un argument bien curieux. Pour quelle raison la chaîne des causes ne serait-elle pas infinie dans le temps et la complexité ? Cela contredit-il quelque loi de la nature ? À quel nombre de causes devrions-nous nous arrêter pour dire : « Ça suffit, je ne vais pas continuer à remonter dans le temps ad infinitum, passons à un créateur sans cause » ?

(Cf. L’Infini dans la paume de la main)

le numérique

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« Quiconque adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main,
lui aussi boira du vin capiteux de Dieu qui a été préparé sans mélange dans la coupe de Sa colère. Et ils seront tourmentés dans le feu et le soufre en présence des anges, et en présence de l’agneau ; et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles, et ils n’ont de repos, ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.

(Apocalypse 14:10-11)

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sur Cioran et le desespéré

« Ce rapport à soi s’apparente à un stoïcisme au sens large. Il peut prendre diverses formes, suivant le degré d’activité du moi ou encore sa force de volonté pour devenir réellement cet infini qu’il désire être. Passif, concentré sur la conscience de sa souffrance infinie, il cherchera à la sublimer dans un renoncement extatique qui, par dissolution du moi, pourrait, grâce à l’oubli, combler le vœu de paix du désespéré. Actif au contraire, il cherchera à se rendre maître de ce moi en lui imposant des tâches surhumaines, à la mesure de sa volonté de puissance sur soi. Pour Kierkegaard, ces objectifs démesurés ne sont « jamais que des châteaux en Espagne », constructions artificielles, « moulins à vent »154 dont la seule justification est de permettre une apparente domination de soi. Dans les deux cas, dit-il, le désespéré trouve dans l’exaltation des souffrances infinies du moi plaisir et jouissance. C’est pourquoi il ne songe pas en réalité à se défaire de lui. À travers tous les processus de sublimation ou de défi, ce moi demeure « l’écharde dans la chair »,155 refusant toute aide, comme humiliante, tant d’autrui que de Dieu. Ce désespoir orgueilleux ne tarde pas à devenir démoniaque : le désespéré, croyant trouver dans sa souffrance la preuve de son exceptionnelle supériorité, se dresse contre l’ensemble de la Création et Celui qui l’a ordonnée, pour être totalement son moi malgré Lui, sans Lui. Comme chez les poètes maudits, le défi éternel contre toute la vie est à ses yeux la preuve que c’est la vie même qui est maudite, et qu’au cœur de cet enfer du mal, lui seul, tel un ange déchu, règne. Car lui seul sait que tout, hormis le mal, est mensonge. »

N. PARFAIT

CIORAN OU LE DÉFI DE L’ÊTRE

plongeons à l’envers

Simone Weil, La  pesanteur et la grace, 1943

Se dépouiller de la royauté imaginaire du monde. Solitude absolue. Alors on a la vérité du monde.

Deux manières de renoncer aux biens matériels
S’en priver en vue d’un bien spirituel.
Les concevoir et les sentir comme conditions de biens spirituels (exemple : la faim, la fatigue, l’humiliation obscurcissent l’intelligence et gênent la méditation) et néanmoins y renoncer.
Cette deuxième espèce de renoncement est seule nudité d’esprit.
Bien plus, les biens matériels seraient à peine dangereux [21] s’ils apparaissaient seuls et non liés à des biens spirituels.

Renoncer à tout ce qui n’est pas la grâce et ne pas désirer la grâce.
L’extinction du désir (bouddhisme) ou le détachement – ou l’amor fati – ou le désir du bien absolu, c’est toujours la même chose : vider le désir, la finalité de tout contenu, désirer à vide, désirer sans souhait.
Détacher notre désir de tous les biens et attendre. L’expérience prouve que cette attente est comblée. On touche alors le bien absolu.

En tout, par-delà l’objet particulier quel qu’il soit, vouloir à vide, vouloir le vide. Car c’est un vide pour nous que ce bien que nous ne pouvons ni nous représenter ni définir. Mais ce vide est plus plein que tous les pleins.

Simone Weil, La  pesanteur et la grace, 1943

définition philo : D’yeut

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© son auteur sur DeviantArt

(©coll. queue c’est je ? laissant maux de la phi l’eau)

 

7 ‒ Dieu

Dans le cadre des philosophies monothéistes, « Dieu » a souvent été défini comme une « substance infinie » (⇒ 64) ou un « être infiniment parfait ». La détermination de la nature de ces perfections, ou « attributs », de Dieu, varie suivant les penseurs. Les plus souvent mentionnés sont des attributs « métaphysiques », comme l’unicité, l’éternité, la nécessité, l’omniscience, la toute-puissance, et des attributs « moraux », comme la sagesse, la bonté, la justice. Les philosophies d’inspiration chrétienne conçoivent de plus Dieu comme un être personnel et aimant, qui crée le monde, y intervient parfois et organise la vie des hommes par sa providence. On appelle théodicée l’examen de la question de la compatibilité de l’existence de Dieu et de celle du mal.

La partie de la philosophie abordant la question de « Dieu » est nommée théologie (c’est-à-dire « discours sur Dieu ») naturelle, ou rationnelle. Elle se différencie d’autres types de discours (foi, révélation, expérience mystique, etc.) par sa prétention à traiter de Dieu de façon argumentée et rationnelle : même si elles ne s’excluent pas forcément, on doit donc ne pas confondre d’une part la figure de Dieu « sensible au cœur » (Pascal) rencontrée par la foi (⇒ 11) dans le cadre de l’expérience religieuse et d’autre part le « Dieu des philosophes et des savants », un concept qui occupe des places et des fonctions variables dans différentes philosophies.

On appelle théisme une pensée qui tient un tel discours positif sur Dieu, athéisme une pensée qui établit son inexistence, agnosticisme une pensée qui estime ne pas pouvoir se prononcer sur le sujet. Réfléchir philosophiquement à « Dieu » suppose dans tous les cas qu’on prenne ses distances avec les représentations particulières véhiculées par les cultures ou religions dominantes et qu’on admette que toutes les questions sont susceptibles d’être posées à son sujet : existe-t-il ? Y a-t-il un ou plusieurs dieu(x) ? La puissance de Dieu est-elle limitée ? Dieu s’identifie-t-il à la nature (Spinoza) ? « Dieu » est-il un nom propre ou un nom commun ?, etc.

Le fait qu’on fasse de moins en moins appel à « Dieu » comme opérateur philosophique et principe d’explication du monde est un des aspects du processus que Nietzsche a désigné comme la « mort de Dieu ».

comme c’est dimanche, je marchais, étant là puis plus loin, très loin, respirant, fourmi microscopique de l’univers, du cosmos qui s’agrandit chaque seconde, qu’être dans l’univers ? et toutes ces paroles des uns contre les autres ? qui s’accrochent comme la vermine au squelette non encore entièrement décomposé, carcasse pensante croisant le mot fin et l’infinitude de la pensée, marchant pénultième pas sur le chemin comme dirait Jankélévitch , merde, nous pouvons être si grand mais la vermine nous ronge le cerveau, qu’est ce que être ? ne pouvons nous pas être de type fourmis ? identique , dans le rang , dans la sécurité ? nous sommes jetés au monde dans l’effroyable être de la division de la volonté de puissance, de controle d’insoumission, de pouvoir être total et en même temps corrompu dés la naissance à une idéologie culturelle qui t’a déjà ingéré …

qu’est ce qu’être ?

Partager: La pensée extrême

Certaines idées paraissent relever de l’irrationalité aux observateurs parce qu’ils se fondent uniquement sur leur contenu, souvent en rupture avec le sens commun, et négligent le caractère graduel de l’adhésion à ces idées. Or, chaque moment de l’adhésion peut être considéré, dans son contexte, comme raisonnable, même si, à son terme, celle-ci apparaît à l’observateur comme relevant légitimement du grotesque. La doctrine finale peut bien être moquée par les commentateurs, elle ne suscite l’adhésion du futur croyant qu’après de nombreuses étapes. Ce point est particulièrement important car il est souvent à l’œuvre dans les croyances extrêmes.

Certains individus en viennent à adhérer à des idées qui semblent indéfendables à la plupart des autres individus (lesquels se demandent, justement, comment il est possible d’endosser de pareilles idées sans être fou), mais c’est généralement le fruit d’un parcours intellectuel gradué. Chaque étape a poussé l’individu vers la pensée extrême, mais chacune d’entre elles, prise séparément, peut sans doute être considérée comme raisonnable. L’observateur, qui n’est pas prêt à faire l’effort de reconstruire le cheminement intellectuel de celui dont il observe les croyances, passe à côté de l’essentiel, car il ne perçoit que l’idée constituée, sans rien voir de son processus de constitution.

(Moon+ Reader v3.0, La pensée extrême)

Partager: L’ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche

Lorsque dans les siècles à venir sera publié l’histoire de mes glorieux exploits, se disait-il, nul doute que le sage qui tiendra la plume, venant à raconter cette première sortie que je fais si matin, ne s’exprime de la sorte: A peine le blond Phébus commençait à déployer sur la spacieuse face de la terre les tresses dorées de sa belle chevelure, à peine les petits oiseaux, nuancés de mille couleurs, saluaient des harpes de leurs langues, dans une douce et mielleuse harmonie, l’Aurore au teint rose quittant la couche de son vieil époux pour venir éclairer l’horizon castillan, que le fameux chevalier don Quichotte de la Manche, désertant la plume paresseuse, monta sur son fidèle Rossinante, et prit sa route à travers l’antique et célèbre plaine de Montiel. C’était là qu’il se trouvait en ce moment. Heureux âge, ajoutait-il, siècle fortuné qui verra produire au grand jour mes incomparables prouesses, dignes d’être éternisées par le bronze et le marbre, retracées par le pinceau, afin d’être données en exemples aux races futures!

(Moon+ Reader v3.0, L’ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche),cervantes

Le chant de l’Amour

Un livre de la bible fort intéressant, le cantique des cantiques
Ca ne parle que d’amour, rien que ça (c’est vrai )
Certains devraient s’en inspirer, de nos jours il faut certes l’étendre mais l’essentiel y est, le respect, l’égalité et les hauts sentiments , comme quoi, la religion réserve des surprises, et on ne peut qu’apprécier ce rappel, ce genre de pureté du coeur.
Et on ne peut que déplorer toute la violence au sein des couples de nos jours, quels que soient les motifs …

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analyse des mots sur tout ce livre :

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Cantique 4 (Song of Songs 4)

1  Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

2  Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, Qui remontent de l’abreuvoir; Toutes portent des jumeaux, Aucune d’elles n’est stérile.

3  Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante; Ta joue est comme une moitié de grenade, Derrière ton voile.

4  Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal; Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des héros.

5  Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d’une gazelle, Qui paissent au milieu des lis.

6  Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient, J’irai à la montagne de la myrrhe Et à la colline de l’encens.

7  Tu es toute belle, mon amie, Et il n’y a point en toi de défaut.

8  Viens avec moi du Liban, ma fiancée, Viens avec moi du Liban! Regarde du sommet de l’Amana, Du sommet du Senir et de l’Hermon, Des tanières des lions, Des montagnes des léopards.

9  Tu me ravis le coeur, ma soeur, ma fiancée, Tu me ravis le coeur par l’un de tes regards, Par l’un des colliers de ton cou.

10  Que de charmes dans ton amour, ma soeur, ma fiancée! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!

11  Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée; Il y a sous ta langue du miel et du lait, Et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.

12  Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée.

13  Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents, Les troënes avec le nard;

14  Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l’encens; La myrrhe et l’aloès, Avec tous les principaux aromates;

15  Une fontaine des jardins, Une source d’eaux vives, Des ruisseaux du Liban.

16  Lève-toi, aquilon! viens, autan! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent! -Que mon bien-aimé entre dans son jardin, Et qu’il mange de ses fruits excellents!

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image autour de la colombe :

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hard corps

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LE CHOEUR. Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, oeuvre d’un artiste.
Ton nombril est une coupe arrondie, où le vin aromatisé ne manque pas. Ton ventre est un monceau de froment, entouré de lis.
Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle.
Ton cou est comme une tour d’ivoire ; tes yeux sont comme les piscines d’Hésébon, près de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la Tour du Liban, qui surveille le côté de Damas.
Ta tête est posée sur toi comme le Carmel, la chevelure de ta tête est comme la pourpre rouge ; un roi est enchaîné à ses boucles.
L’ÉPOUX. Que tu es belle, que tu es charmante, mon amour, au milieu des délices !
Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à ses grappes.
J’ai dit : je monterai au palmier, j’en saisirai les régimes. Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
et ton palais comme un vin exquis! L’ÉPOUSE. Qui coule aisément pour mon bien-aimé, qui glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment.
Je suis à mon bien-aimé, et c’est vers moi qu’il porte ses désirs.
Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs; passons la nuit dans les villages.
Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne bourgeonne, si les bourgeons se sont ouverts, si les grenadiers sont en fleurs; là je te donnerai mon amour.
Les mandragores font sentir leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits; les nouveaux et aussi les vieux : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.

La Bible Augustin Crampon 1923: Cantique des cantiques Chapitre 7

la bète

on le voit l’idiotie se cache en chaque être et le malin sait  utiliser la peur pour se mo5quer de l’Homme, l’homme est un loup pour l’homme et il est son propre tentateur vers l’obscurité et l’obscurantisme. l’intelligence du mal …

diable

 

La Bible Augustin Crampon 1923: Apocalypse Chapitre 13

Puis je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème.
La bête que je vis ressemblait à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité.
Une de ses têtes paraissait blessée à mort ; mais sa plaie mortelle fût guérie, et toute la terre, saisie d’admiration, suivit la bête,
et l’on adora le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête, et l’on adora la bête, en disant :  » Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle?  »
Et il lui fut donné une bouche proférant des paroles arrogantes et blasphématoires, et il lui fût donné pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.
Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel.
Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre; et il lui fût donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nafion.
Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dans le livre de vie de l’Agneau immolé, dès la fondation du monde.
Que celui qui a des oreilles entende !
si quelqu’un mène en captivité, il sera mené en captivité; si quelquun tue par l’épée, il faut qu’il soit tué par l’épée. C’est ici la patience et la foi des saints.\

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Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui portait comme un dragon.
Elle exerçait toute la puissance de la première bête en sa présence, et elle amenait la terre et ses habitants à adorer la première bête, dont la plaie mortelle avait été guérie.
Elle opérait aussi de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes,
et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, persuadant les habitants de la terre de dresser une image à la bête qui porte la blessure de l’épée et qui a repris vie.
Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, de façon à la faire parler et à faire tuer tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête.
Elle fit qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front,
et que nul ne pût acheter ou vendre, sil n’avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom.
C’est ici la sagesse ! Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête; car c’est un nombre d’homme et ce nombre est six cent soixante-six.

baphomet

 

Partager: Se Liberer Du Connu, Krishnamurti, extrait 1

Il appartient donc à chacun de nous de savoir s’il veut être absolument libre. Si nous le voulons, nous devons commencer par comprendre la nature et la structure de la liberté.

Est-ce de « quelque chose que nous voulons nous libérer? De la douleur? De l’angoisse? Cela ne serait pas vouloir la liberté, qui est un état d’esprit tout différent. Supposons que vous vous libériez de la jalousie. Avez-vous atteint la liberté ou n’avez-vous fait que réagir, ce qui n’a en rien modifié votre état?

On peut très aisément s’affranchir d’un dogme en l’analysant, en le rejetant, mais le mobile de cette délivrance provient toujours d’une réaction particulière due, par exemple, au fait que ce dogme n’est plus à la mode ou qu’il ne convient plus. On peut se libérer du nationalisme parce que l’on croit à l’internationalisme ou parce que l’on pense que ce dogme stupide, avec ses drapeaux et ses valeurs de rebut, ne correspond pas aux nécessités économiques. S’en débarrasser devient facile. On peut aussi réagir contre tel chef spirituel ou politique qui aurait promis la liberté moyennant une discipline ou une révolte. Mais de telles conclusions logiques, de tels raisonnements ont-ils un rapport quelconque avec la liberté ?

Si l’on se déclare libéré de « quelque chose », cela n’est qu’une réaction qui engendrera une nouvelle réaction, laquelle donnera lieu à un autre conformisme, à une nouvelle forme de domination. De cette façon, on déclenche des réactions en chaîne et l’on imagine que chacune d’elles est une libération.

Mais il ne s’agit là que d’une continuité modifiée du passé, à laquelle l’esprit s’accroche.
[…]
La liberté ne survient que lorsque l’action est celle d’une vision claire ; elle n’est jamais déclenchée par une révolte. Voir clairement c’est agir, et cette action est aussi instantanée que lorsqu’on fait face à un danger. Il n’y a, alors, aucune élaboration cérébrale, aucune controverse, aucune hésitation ; c’est le danger lui-même qui provoque l’acte. Ainsi, voir c’est à la fois agir et être libre.

La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de « quelque chose » ; c’est un sens de liberté ; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question ; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. C’est un état où l’on est absolument seul, mais peut-il se produire lorsqu’on a été formé par une culture de façon à être toujours tributaire, aussi bien d’un milieu que de ses propres tendances? Peut-on, étant ainsi constitué, trouver cette liberté qui est solitude totale, en laquelle n’ont de place ni chefs spirituels, ni traditions, ni autorités?

0, Se Liberer Du Connu)

Partager: La révolution du silence, Krishnamurti

L’homme qui est venu nous voir plus tard, ce jour-là, nous dit être un instructeur d’artillerie dans la marine. Il était venu avec sa femme et deux enfants et avait l’air d’être un homme très sérieux. Après les salutations d’usage, il dit qu’il aimerait trouver Dieu. Il ne s’exprimait pas très bien : peut-être était-il un peu timide. Ses mains et son visage étaient d’un homme assez dégourdi, mais il avait une certaine dureté dans la voix et dans le regard – car, après tout, il enseignait une façon de tuer. Dieu semblait si éloigné de ses activités quotidiennes ! Le tout semblait si insolite ! Car voilà un homme qui se disait sincèrement à la recherche de Dieu et pourtant son gagne-pain l’obligeait à enseigner l’art de tuer.

Il dit qu’il était de sentiments religieux et qu’il avait erré à travers de nombreuses écoles tenues par de soi-disant saints hommes, d’opinions différentes. Il n’avait été satisfait par aucune d’elles et il avait maintenant entrepris un long voyage par train et par autobus, pour nous voir car il voulait savoir comment atteindre ce monde étrange que tant d’hommes et tant de saints ont cherché. Sa femme et ses enfants étaient assis respectueusement en silence, et sur une branche tout près de la fenêtre, une tourterelle beige clair roucoulait doucement, toute seule. L’homme ne la regarda pas une seule fois et les enfants avec leur mère demeuraient assis, rigides, nerveux, sans jamais sourire.

On ne peut pas trouver Dieu ; il n’y a pas de chemin pour cela. L’homme a inventé de nombreuses religions, des croyances, des sauveurs et des guides dont il pense qu’ils l’aideront à trouver une félicité sans fin. La misère de la recherche est qu’elle conduit à des imaginations de l’esprit, à des visions que l’esprit projette et évalue au moyen de choses connues. L’amour qu’il cherche est détruit par sa façon de vivre. On ne peut pas avoir une arme dans une main et Dieu dans l’autre. Dieu n’est qu’un symbole, un mot qui a perdu son sens, car les églises et les lieux de dévotion l’ont détruit.

Bien sûr, celui qui ne croit pas en Dieu est comme celui qui croit : l’un et l’autre souffrent et passent par la douleur d’une vie brève et vaine, et l’amertume de chaque journée, fait de cette vie une chose qui n’a pas de sens. La réalité n’est pas au bout d’un courant de pensée, et un cœur vide est rempli par les mots de la pensée. Nous devenons très habiles, nous inventons des philosophies, et puis vient l’amertume de leur faillite. Nous avons inventé des théories sur la façon d’atteindre l’Ultime et le dévot va au temple et se perd dans les imaginations de son esprit. Le moine et le saint ne voient pas que pour l’un et l’autre la réalité fait partie d’une tradition, d’une culture qui les accepte dans la catégorie des saints et des moines.

La tourterelle s’est envolée et la beauté de la montagne de nuages recouvre les champs et la vérité est là où on ne regarde jamais

(Moon+ Reader v3.0, La révolution du silence, Krishnamurti)
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Alors ? Observe … non ?

Partager: Solitude et destin, CIORAN

L’homme est absolument seul dans la souffrance. Mais ce n’est pas une solitude semblable à celle que crée la musique, lorsqu’on flotte au-dessus du monde, bercé par la fascination, lorsque, en raison d’une plénitude intérieure excessive, on n’arrive plus à refréner un contenu débordant et qu’on se lance dans l’épanchement d’une folie voluptueuse ; c’est une solitude dans laquelle l’existence est pesante et le temps et l’espace sont des forces ennemies du moi, sans qu’on ait le sentiment de l’irréalité de la vie. Le sentiment de la positivité de l’être qu’on éprouve dans la douleur n’est pas celui que suscite l’exaltation érotique, fruit de l’intégration dans l’existence, c’est celui qui résulte de la conscience d’une réalité objectivement présente. Aussi n’a-t-on pas dans la douleur la sensation de solitude absolue indissociable du désespoir.

Si les grandes douleurs sont muettes, pourquoi rendent-elles l’homme lyrique ? Un paradoxe ! Justement parce qu’elles sont muettes, donc inexprimables. Mais le lyrisme ne doit-il pas ses expressions les plus pures aux sentiments que nous inspirent l’amour et la musique et dont l’intimité complexe ne peut pas être rendue avec une froide objectivité ? L’expression lyrique apparaît là où un contenu ne peut plus revêtir aucune forme parce qu’il a une trop grande énergie interne. Le paradoxe, c’est de parler de la douleur sans être lyrique. Alors, on est un philosophe – et voilà un autre paradoxe de l’existence.

(Moon+ Reader v3.0, Solitude et destin) CIORAN