un mot encore

ça fait longtemps que je n’ai plus écris de
poèmes, sous merde que je suis , perdu sans lieux
putain je n’ai plus d’émotions ou trop
de putains de déconnexions branché télévision
c’est quoi toutes ces caméras, ces scanneurs de réseaux

monde de cons
il y avait pas tout ça
à l’époque des flippers, des bars, du son
tout allait bien sans internet tu vois

putain d’image, de réalités virtuelles, de numérique
ta mère la pute, de l’air pur, de l’air
pas cette odeur de condensateur surchauffé, d’estrons
de ces images qui me bouffent l’univers, la terre

pourquoi je n’écris plus ? vieux con
sans amours, solitaire comme un croque mort
enterré avec son dernier macabés
putains d’enculés tu t’es pas réveillé
fondu dans les horloges et les ressorts
l’univers supra commercial des démons
qui t’ont transformé en spectateur au cerveau mort

crève toi les yeux, crève toi l’âme,
avale la liberté jusqu’à être damné
à poil pour les faire chier
tout ces redresseurs de morale , tous les décérébrés
avale de chaque femme l’amour une ostie de la came

jusqu’à la dernière larme
jusqu’à la mort infame, jusqu’à rire du drame
sous surveillance, essaie encore de rire libre
jusqu’au dernier coin de la rue
jusqu’à c’qu’on te pointe un calibre
une lame, une chaine d’information dans ton cul …

le numérique

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« Quiconque adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main,
lui aussi boira du vin capiteux de Dieu qui a été préparé sans mélange dans la coupe de Sa colère. Et ils seront tourmentés dans le feu et le soufre en présence des anges, et en présence de l’agneau ; et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles, et ils n’ont de repos, ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.

(Apocalypse 14:10-11)

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marches

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pourquoi m’as tu fais créature
faible à en mourir
mer immense perdu en son vide
je suis l’intérieur à jamais ouvert

sans place racheté au néant
j’immerge mon ame broyée
jusqu’au large sourire noir
de mon avenir hagard de mon sang

il n’y a plus de larve d’espoir
jusqu’au sombre dédale de l’irréel
la foret nocturne de mon ame éternelle
déborde les nuits obscures du dehors

mortes nuits de l’extase atrophiée
j’implore ce qu’il reste du dedans
l’enfer écarlate d’un territoire déchiré
brûlant les chairs des martyrs délirants

dans l’oeil unique d’un regard emporté
un impossible paraître mort-né agonise
l’avenir sans éclore toujours m’étouffe

fleuris toujours mon ame en ce sombre gisant
je marche pleurant ma dernière enveloppe
au vent des tempêtes hurlantes
solitaires douleurs du cyclope

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rien que le vide

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rides

antre intérieur de mon être
entre l’air absent désert vide

au bord du gouffre antérieur
je voyage vers la mort peut être

en dehors de l’air je respire
inspire la mort insipide

de l’hiver noir livide linceul
je sors torture chaque jour en demeure

lendemain inexistant à me faire vivre
encore torture à voir les noirs délires

scié en deux folles rages perdues
je fuis vers le sombre horizon de mon ame nue

à me faire peur o monstres livides
à me faire pur jusqu’à l’excès de jour

je suis flamme je suis cendre dessine
les signes obscurs de la nuit si putride

elle me dévore sous la lune vampire hurlante
doucement déchiqueté dans le sang des machines

je soupire agonie ton odeur d’ étrange gouffre
au fond de l’ultime ma vie à toi enfin s’essouffle.

Agno

plantage de création

des récits aussi incohérent vous en connaissez ? aller une petite genèse pour faire dodo…

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(Genèse 6:1-9)

« Et lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
les fils de Dieu virent que les filles de l’homme étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi celles qu’ils préféraient.
Alors l’Éternel dit : Mon Esprit ne régira pas éternellement l’intérieur de l’homme ; par suite de son égarement il [n’] est [plus que] chair ; et sa vie sera de cent vingt ans.
Les géants existaient sur la terre en ce temps-là ; et aussi, après que les fils de Dieu se furent approchés des filles des hommes, celles-ci leur donnèrent des fils qui sont ces héros fameux dès l’antiquité.
Et l’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande et générale sur la terre, et que toutes les pensées formées par leur cœur n’étaient toujours que pure malice.
Et l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et Il en ressentait de la douleur en son cœur.
Alors l’Éternel dit : Je ferai disparaître de la face de la terre l’homme que j’ai créé, à partir de l’homme jusqu’au bétail et aux reptiles et aux oiseaux des cieux ; car je me repens de les avoir faits.
Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel.
*C’est ici l’histoire de Noé.*

Noé était un homme juste, accompli parmi les hommes de son temps. Noé marchait avec Dieu. »

(Genèse 6:1-9)

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ha les filles de l’homme étaient belles ? ils sortaient que les bombasses à l’époque … et les moches cachées sous les couvertures et les voiles et dans les placards ?

écrire

j’ai toujours voulu de + en + dématérialisé le sens et les mots d’une phrase, j’y arrive en poésie, moins en écriture, ce doit être cette saloperie d’ordinateur qui nique les idées.
l’informatique c’est de la merde, et ça le restera longtemps, c’est juste l’oeuvre du diable, l’envers de l’obscurité, le mal qui s’insinue dans la lumière …
ce n’est qu’une forme, un média d’écriture ? non, on n’écrit bien qu’avec sa main et un stylo, sans être perturbé …
rien ne vaut le flash du cerveau inondant l’encre du stylo …

toile dévétu

 

 

sourires expressions plates
des vers intestins
aux amitiés scélérates
dans ton coeur dans tes mains
le baiser de judas
pestilence des lumières anonymes
chaque mot au bout des doigts
dilués dans la foule des crimes
chaque seconde électrique

un poignard enfonce la mort
étrange pouvoir qui te fliques
te transperce comme un matador
c’est ton sang absorbé par les vers
sur cette toile aux araignées démentes
digérés finir comme la fiente
dilué en déchets de l’univers

perdre pieds et ames

 

Simone Weil, la pesanteur et la grace, 1943

Consentement au bien, non pas à aucun bien saisissable, représentable, mais consentement inconditionné au bien absolu.
En consentant à ce que nous nous représentons comme étant le bien, nous consentons à un mélange de bien et de mal, et ce consentement produit du bien et du mal : la proportion de bien et de mal en nous ne change pas. Au contraire, le consentement inconditionné au bien que nous ne pouvons pas et ne pourrons jamais nous représenter, ce consentement est du bien pur et ne produit que du bien, et il suffit qu’il dure pour qu’en fin de compte l’âme tout entière ne soit que bien.

La foi (quand il s’agit d’une interprétation surnaturelle du naturel) est une conjecture par analogie basée sur des expériences surnaturelles. Ainsi ceux qui possèdent le privilège de la contemplation mystique, [128] ayant fait l’expérience de la miséricorde de Dieu, supposent que, Dieu étant miséricorde, le monde créé est œuvre de miséricorde. Mais quant à constater cette miséricorde directement dans la nature, il faut se rendre aveugle, sourd, sans pitié pour croire qu’on le peut. Aussi les Juifs et les Musulmans, qui veulent trouver dans la nature les preuves de la miséricorde divine, sont-ils impitoyables. Et les chrétiens souvent aussi.
C’est pourquoi la mystique est la seule source de la vertu d’humanité. Car ne pas croire que derrière le rideau du monde il y ait une miséricorde infinie ou croire que cette miséricorde est devant le rideau, ces deux choses rendent cruel.

Il y a quatre témoignages de la miséricorde divine ici-bas. Les faveurs de Dieu aux êtres capables de contemplation (ces états existent et font partie de leur expérience de créatures). Le rayonnement de ces êtres et leur compassion qui est la compassion divine en eux. La beauté du monde. Le quatrième témoignage est l’absence complète de miséricorde ici-bas [1].
Incarnation. Dieu est faible parce qu’il est impartial. Il envoie les rayons du soleil et la pluie sur les bons comme sur les méchants. Cette indifférence du Père et la faiblesse du Christ se répondent. Absence de Dieu. Le royaume des cieux est comme un grain de [129] sénevé… Dieu ne change rien à rien. On a tué le Christ, par colère, parce qu’il n’était que Dieu.

Si je pensais que Dieu m’envoie la douleur par un acte de sa volonté et pour mon bien, je croirais être quelque chose, et je négligerais l’usage principal de la douleur, qui est de m’apprendre que je ne suis rien. Il ne faut donc rien penser de semblable. Mais il faut aimer Dieu à travers la douleur.
Je dois aimer être rien. Comme ce serait horrible si j’étais quelque chose. Aimer mon néant, aimer être néant. Aimer avec la partie de l’âme qui est située de l’autre côté du rideau, car la partie de l’âme qui est perceptible à la conscience ne peut pas aimer le néant, elle en a horreur. Si elle croit l’aimer, ce qu’elle aime est autre chose que le néant.

Dieu envoie le malheur indistinctement aux méchants comme aux bons, ainsi que la pluie et le soleil. Il n’a pas réservé la croix du Christ. Il n’entre en contact avec l’individu humain comme tel que par la grâce purement spirituelle qui répond au regard tourné vers lui, c’est-à-dire dans la mesure exacte où l’individu cesse d’en être un. Aucun événement n’est une faveur de Dieu, la grâce seule.