Partager: pesanteur et grace, Simone Weill { La philosophe 1941}

Le vide

« Nous croyons par tradition au sujet des dieux, et nous voyons par expérience au sujet des hommes que toujours, par une nécessité de nature, tout être exerce tout le pouvoir dont il dispose » (Thucydide). Comme du gaz, l’âme tend à occuper la totalité de l’espace qui lui est accordé. Un gaz qui se rétracterait et laisserait du vide, ce serait contraire à la loi d’entropie. Il n’en est pas ainsi du Dieu des chrétiens. C’est un Dieu surnaturel au lieu que Jéhovah est un Dieu naturel.

Ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose, c’est supporter le vide. Cela est contraire à toutes les lois de la nature : la grâce seule le peut.

La grâce comble, mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c’est elle qui fait ce vide.

Nécessité d’une récompense, de recevoir l’équivalent de ce qu’on donne. Mais si, faisant violence à cette nécessité, on laisse un vide, il se produit comme un appel d’air, et une récompense surnaturelle survient. Elle ne vient pas si on a un autre salaire : ce vide la fait venir.

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De même pour la remise des dettes (ce qui ne concern2 pas seulement le mal que les autres nous ont fait, mais le bien qu’on leur a fait). Là encore on accepte un vide en soi-même.

Accepter un vide en soi-même, cela est surnaturel. Où trouver l’énergie pour un acte sans contrepartie ? L’énergie doit venir d’ailleurs. Mais pourtant, il faut d’abord un arrachement, quelque chose de désespéré, que d’abord un vide se produise. Vide : nuit obscure.

L’admiration, la pitié (le mélange des deux surtout) apportent une énergie réelle. Mais il faut s’en passer.

Il faut être un temps sans récompense, naturelle ou surnaturelle.

Il faut une représentation du monde où il y ait du vide, afin que le monde ait besoin de Dieu. Cela suppose le mal.

Aimer la vérité signifie supporter le vide, et par suite accepter la mort. La vérité est du côté de la mort.

L’homme n’échappe aux lois de ce monde que la durée d’un éclair. Instants d’arrêt, de contemplation, d’intuition pure, de vide mental, d’acceptation du vide moral. C’est par ces instants qu’il est capable de surnaturel.

Qui supporte un moment le vide, ou reçoit le pain surnaturel, ou tombe. Risque terrible, mais il faut le courir, et même un moment sans espérance. Mais il ne faut pas s’y jeter

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Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature, La civilisation nous concentre de plus en plus autour de grandes villes ; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l’eau.
N’ayant plus ces contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales.
Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans des musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d’autrui, nous pensons beaucoup à l’art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l’art? Est-ce une évasion? Un stimulant. Lorsqu’on est directement en contact avec la nature ; lorsqu’on observe le mouvement de l’oiseau sur son aile ; lorsqu’on voit la beauté de chaque mouvement du ciel ; lorsqu’on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d’un visage, pensez-vous que l’on trouve le besoin d’aller voir des peintures dans un musée ? Peut-être est-ce parce que vous ne savez pas voir tout ce qui est autour de vous que vous avez recours à quelque drogue pour stimuler votre vision.

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Nous arrivons au point suivant: peut-on entrer en contact avec l’amour sans disciplines, ni impositions, ni livres sacrés, ni le secours de guides spirituels, et même sans l’intervention de la pensée? Le rencontrer, en somme, à la façon dont on aperçoit soudain un beau coucher de soleil?
Une chose, me semble-t-il, est nécessaire à cet effet: une passion sans motif, une passion non engagée, et qui ne soit pas d’ordre sensuel. Ne pas connaître cette qualité de passion c’est ne pas savoir ce qu’est l’amour, car l’amour ne peut prendre naissance que dans un total abandon de soi.
Chercher l’amour – ou la vérité – n’est pas le fait d’un esprit réellement passionné. Rencontrer l’amour sans l’avoir cherché est la seule façon de le trouver: le rencontrer sans s’y attendre, non en tant que résultat d’efforts, ni parce que l’on a acquis de l’expérience. Un tel amour n’est pas tributaire du temps, il est à la fois personnel et impersonnel, il s’adresse à la fois à l’individu et au nombre.

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ma nièce 6 ans a de plus en plus de mal à marcher, icm, non pas poids idéal mais paralysie cérébrale, dystonie, petite fille intelligente, et qui était joyeuse, qui aimait danser sur la musique gitane, et pan ! la nature t’envoie une paralysie dans la gueule ! tu restes sur ta chaise et tu bouges pas !

elle marche tordue, les jambes en X , les pieds déformés, se tient au meubles, devient molle, perd de sa joie, heureusement, j’ai jamais fait de gosse avec quiconque, tu donnes la vie mais tu prends aussi la maladie, la mort, et toutes les merdes …

non merci, je ne ferais jamais une telle horreur, quitte à faire crever l’humanité …

que va t elle devenir cette gamine ? besoin d’aide tout le temps et de plus d’amour et d’attention, mais elle a un père qui est un gros con et qui ne crois pas à sa maladie et l’oblige à forcer sur ces muscles, qui a le plus a donné une mère ou un père ? l’hypocrisie de la modernité, les mères ont perdu leur droits, ou leur envie d’être mère ? misère !

des parents séparés , petite fille sac à patate ballottée d’un point à un autre, quelle merde cette nouvelle humanité, allez y à fond , créer de la misère, du désespoir, même si la joie existe, et alors ? résultat social ? des êtres déchirés …

occuper les êtres humains, que les riches exploitent les pauvres, que la médecine avance sur le dos des morts, que la science et le business avancent sur l’empoisonnement et les fabuleux miracles de l’ennui et de l’illusion , que le progrés avance sur les guerres atroces et les innocents déchirés, mutilés et en pièces, humanité qui es tu ? où vas tu ? nulle part, et donc ? tout es permis ? tout es impossible ? tout n’est que vide ? comme toujours le sens de tout ça ? la bouffonnerie et la blague générale, celle du pet dans l’eau d’un bain moussant aromatisé à la lavande : le summum …

Le chant de l’Amour

Un livre de la bible fort intéressant, le cantique des cantiques
Ca ne parle que d’amour, rien que ça (c’est vrai )
Certains devraient s’en inspirer, de nos jours il faut certes l’étendre mais l’essentiel y est, le respect, l’égalité et les hauts sentiments , comme quoi, la religion réserve des surprises, et on ne peut qu’apprécier ce rappel, ce genre de pureté du coeur.
Et on ne peut que déplorer toute la violence au sein des couples de nos jours, quels que soient les motifs …

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analyse des mots sur tout ce livre :

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Cantique 4 (Song of Songs 4)

1  Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.

2  Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, Qui remontent de l’abreuvoir; Toutes portent des jumeaux, Aucune d’elles n’est stérile.

3  Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante; Ta joue est comme une moitié de grenade, Derrière ton voile.

4  Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal; Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des héros.

5  Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d’une gazelle, Qui paissent au milieu des lis.

6  Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient, J’irai à la montagne de la myrrhe Et à la colline de l’encens.

7  Tu es toute belle, mon amie, Et il n’y a point en toi de défaut.

8  Viens avec moi du Liban, ma fiancée, Viens avec moi du Liban! Regarde du sommet de l’Amana, Du sommet du Senir et de l’Hermon, Des tanières des lions, Des montagnes des léopards.

9  Tu me ravis le coeur, ma soeur, ma fiancée, Tu me ravis le coeur par l’un de tes regards, Par l’un des colliers de ton cou.

10  Que de charmes dans ton amour, ma soeur, ma fiancée! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!

11  Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée; Il y a sous ta langue du miel et du lait, Et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.

12  Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée.

13  Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents, Les troënes avec le nard;

14  Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l’encens; La myrrhe et l’aloès, Avec tous les principaux aromates;

15  Une fontaine des jardins, Une source d’eaux vives, Des ruisseaux du Liban.

16  Lève-toi, aquilon! viens, autan! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent! -Que mon bien-aimé entre dans son jardin, Et qu’il mange de ses fruits excellents!

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image autour de la colombe :

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end of times

on a bien envie de dire : ta guerre tu peux te la garder !
c’est la tienne pas la notre, des pauv cons ont trouvé des attardés mentaux ignorants pour croire en leur connerie …
voilà où mènent l’ignorance, vers le fanatisme. on se sert de ces cerveaux disponibles préparés par l’echec scolaire, la pub, les jeux, la drogue, l’alcool, le désespoir, le téléphone portable, les applis « sociales », l’ennui capturé par le système économique, les marques, les films creux, l’argent stérile ou les quartiers, les zones, les délimitations sociales, enfin, tout ce qui isole , individualise dans le sens du vent capitaliste , sectaire et politique spectacle, on leur fout une religion (religion mais aussi la religion irreligieuse, les fausses croyances d’un faux sacré)  au cul comme un suppositoire et hop, c’est réglé, t’as un pauv’débile près à se faire exploser (au sens propre et figuré)  pour un connard qui en retirera les bénéfices financiers … ces abrutis qui ont besoin d’un « guide »
chaque époque doit se confronter à ce problème, mais la notre est bien préparé à devoir faire avec des cerveaux laminés qui n’ont plus prise sur eux même, ce n’est pas la réflexion qui les tue, mais la haine et la croyance dans les idéologies qui protègent des intérêts financiers …personels et de pouvoir égoiste
l’école a failli et l’état a failli pour ces gens pour qui le vide et le chaos sont les seuls issues, comme il n’y a plus rien à espérer ou à construire ici, sinon se tailler un nom dans l’horreur alors ils se permettent le pire au nom de la foi en des idéaux criminels et artificiels .
comment cette époque vaincra et solutionnera ce problème ?
pas seulement ici mais ailleurs ?
si les flux d’argents servaient entièrement l’humanité pour l’instruction, l’éducation, la santé et non pas les intérêts de quelques uns …

il est temps de changer de système…donc de te changer toi

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Qu’est-ce que l’amour? Ce mot est si galvaudé et corrompu, que j’ose à peine le prononcer. Tout le monde parle de l’amour: tous les périodiques, tous les journaux ; et les missionnaires parlent d’un amour éternel. « J’aime mon pays, j’aime mon roi, j’aime tel livre, J’aime cette montagne, j’aime le plaisir, j’aime ma femme, j’aime Dieu »… l’amour-est-il une idée? Dans ce cas on peut le cultiver, le nourrir, le chérir, le promouvoir, le déformer de toutes les façons.

Lorsque vous déclarez que vous aimez Dieu, qu’est-ce que cela veut dire? Que vous aimez une projection issue de votre imagination, une projection de vous-même, revêtue d’une sorte de respectabilité, conforme à ce que vous croyez être noble et saint. Dire « J’aime Dieu » est une absurdité. Adorer Dieu c’est s’adorer soi-même, ce n’est pas de l’amour.

Parce que nous ne trouvons pas de solution à l’amour entre humains, nous avons recours à des abstractions. L’amour pourrait bien être l’ultime solution à toutes les difficultés des hommes entre eux, à leurs problèmes, à leur peine, mais comment nous y prendre pour savoir ce que c’est? En le définissant? L’Église le définit d’une façon, la société d’une autre, et il y a, en outre, toutes sortes de déviations et de perversions: adorer quelqu’un, coucher avec quelqu’un, échanger des émotions, vivre en compagnie, est-ce cela que nous appelons l’amour? Mais oui, c’est bien cela, et ces notions sont, malheureusement, si personnelles, si sensuelles, si limitées, que les religions se croient tenues de proclamer l’existence d’un amour transcendantal. En ce qu’elles appellent l’amour humain, elles constatent du plaisir, de la jalousie, un désir de s’affirmer, de posséder, de capter, de dominer, d’intervenir dans la pensée d’autrui, et voyant toute cette complexité, elles affirment qu’existe un autre amour, divin, sublime, infrangible, impollué.

Des hommes saints, partout dans le monde, soutiennent que regarder une femme est mal ; qu’il est impossible de se rapprocher de Dieu si l’on prend plaisir à des rapports sexuels ; et, ce faisant, ils refoulent leurs désirs qui les dévorent. En niant la sexualité, ils ?se bouchent les yeux et s’arrachent la langue, car ils nient toute la beauté de la terre. Ils ont affamé leur cœur et leur esprit. Ce sont des êtres déshydratés, ils ont banni la beauté, parce que la beauté est associée à la femme.

Peut-on diviser l’amour en amour sacré et profane, divin et humain, ou est-il indivisible? Se rapporte-t-il à une personne et pas au nombre? Lorsqu’on dit: « Je t’aime », est-ce que cela exclut l’amour pour d’autres? L’amour est-il personnel ou impersonnel? Moral ou immoral? Est-il réservé à la famille? Et si l’on aime l’humanité, peut-on aimer une personne? Est-ce un sentiment? Une émotion? Un plaisir?

Un désir?

Toutes ces questions indiquent, n’est-ce pas, que nous avons des idées au sujet de l’amour, des idées sur ce qu’il devrait être ou ne pas être, en somme un critérium ou un code élaboré par la culture à laquelle nous appartenons.

Pour voir clair en cette question, il nous faut donc, au préalable, nous libérer des incrustations des siècles, il faut mettre à l’écart tous les idéaux et idéologies au sujet de ce qu’il faut ou de ce qu’il ne faut pas que soit l’amour. Créer une séparation entre ce qui « est » et ce qui « devrait être » est la façon la plus illusoire de considérer la vie.

(Moon+ Reader v3.0, Se Liberer Du Connu)

rencontre sur le chemin

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matin, 1700 m
décor planté
je lis un passage de « se libérer du connu », enfin, relire, le livre est jaunit par les années …
le temps est idéal, je suis absorbé et eveillé à toute cette beauté présente
je vois un couple qui arrive de la droite, jeunes, en pleine forme, short, manches courtes, une femme, un homme la trentane, sportifs, ils s’approchent, beaux, sympas, ils s’accordent.
ils demandent si j’ai vu des chamois, pas depuis l’année dernière, mais je ne sais pas que j’en verrai un à l’heure du zénith dévalant le coté sud de la montagne.
le couple s’éloigne et continu leur marche, là où je ne vais plus pour l’instant, pas assez en forme …
eux je les vois, descendre, monter comme des cabris, quel chance, c’est juste ça la beauté …
voir ce paysage, entammer une discusion, voir, observer, s’impregner des possibles et du reste …
je descendrai quand même mais remonterai par les traces des chamois, ils ne font pas de perf, moi non plus, la sagesse et le bon sens des animaux, j’ouvre mes sens et suis les traces …

krishnamurti; se liberer du connu
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