J.ellul : sur l image

Image explosive et terrible quand elle prétend seulement dire le réel mais ici nous rencontrons un nouveau problème : l’image dans notre société est toujours le produit d’une technique mécanique.

Cette technique est vraiment médiatrice, c’est par elle que l’univers des images est constitué pour l’homme. Mais dire cela, c’est en même temps dire que l’on se trouve en présence d’un monde artificiel : Fabriqué de l’extérieur et par des moyens d’artifice .

dès lors nous devons savoir que dans cet univers d’images ce n’est jamais la réalité nue qui est transmise mais une reconstitution , une construction, plus ou moins arbitraire, et sans cesse nous sommes obligés, derrière l’apparente objectivité de l’image de revenir à son ambiguïté : traduisant une réalité, elle nous transmet toujours, nécessairement un artifice.

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Partager: Se Liberer Du Connu

Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature, La civilisation nous concentre de plus en plus autour de grandes villes ; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l’eau.
N’ayant plus ces contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales.
Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans des musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d’autrui, nous pensons beaucoup à l’art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l’art? Est-ce une évasion? Un stimulant. Lorsqu’on est directement en contact avec la nature ; lorsqu’on observe le mouvement de l’oiseau sur son aile ; lorsqu’on voit la beauté de chaque mouvement du ciel ; lorsqu’on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d’un visage, pensez-vous que l’on trouve le besoin d’aller voir des peintures dans un musée ? Peut-être est-ce parce que vous ne savez pas voir tout ce qui est autour de vous que vous avez recours à quelque drogue pour stimuler votre vision.

Partager 2: Se Liberer Du Connu Krishnamurti

Nous arrivons au point suivant: peut-on entrer en contact avec l’amour sans disciplines, ni impositions, ni livres sacrés, ni le secours de guides spirituels, et même sans l’intervention de la pensée? Le rencontrer, en somme, à la façon dont on aperçoit soudain un beau coucher de soleil?
Une chose, me semble-t-il, est nécessaire à cet effet: une passion sans motif, une passion non engagée, et qui ne soit pas d’ordre sensuel. Ne pas connaître cette qualité de passion c’est ne pas savoir ce qu’est l’amour, car l’amour ne peut prendre naissance que dans un total abandon de soi.
Chercher l’amour – ou la vérité – n’est pas le fait d’un esprit réellement passionné. Rencontrer l’amour sans l’avoir cherché est la seule façon de le trouver: le rencontrer sans s’y attendre, non en tant que résultat d’efforts, ni parce que l’on a acquis de l’expérience. Un tel amour n’est pas tributaire du temps, il est à la fois personnel et impersonnel, il s’adresse à la fois à l’individu et au nombre.

sagesse millénaire

Le Nouveau Testament traduction de Stapfer – 1889: Jacques Chapitre 3

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[1] Ne soyez pas nombreux à vous ériger en docteurs, mes frères, vous savez que nous serons jugés d’autant plus sévèrement.
[2] Nous bronchons tous et de bien des manières, et si quelqu’un ne bronche pas dans ses paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir en bride son corps tout entier.
[3] Quand nous mettons un mors dans la bouche des chevaux pour nous en faire obéir, nous conduisons en même temps leur, corps tout entier.
[4] Voyez aussi les navires : qu’ils sont grands! combien sont violents les vents qui les agitent! et c’est avec un tout petit gouvernail que le pilote les mène à volonté dans toutes les directions.
[5] Il en est de même de la langue, petit membre qui a de grandes prétentions! Un bien petit feu peut embraser une bien grande forêt!
[6] La langue aussi est du feu ; elle est le monde de l’iniquité, la langue, installée parmi nos autres membres, souillant le corps tout entier, enflammant le cours de la vie et enflammée elle-même par le feu de la géhenne !
[7] Toute espèce d’animaux sauvages, d’oiseaux, de reptiles, de poissons peuvent être domptés ou ont été domptés par l’espèce humaine,
[8] mais la langue, il n’est pas d’homme qui puisse la dompter ; mal impossible à arrêter, elle est pleine d’un venin mortel.
[9] Avec elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et avec elle nous maudissons les hommes créés à l’image de Dieu.
[10] De la même bouche sortent bénédiction et malédiction! Il ne doit pas en être ainsi, mes frères!
[11] La source donne-t-elle par la même ouverture de l’eau douce et de l’eau saumâtre?
[12] Un figuier, mes frères, peut-il donner des olives? Une vigne, des figues? Une source d’eau salée ne peut pas davantage donner de l’eau douce.
[13] L’un de vous est-il sage et intelligent? Qu’il le prouve par des faits, par une bonne conduite, par la douceur de sa sagesse.
[14] Mais si vous avez la passion des disputes et de l’amertume dans le coeur, n’allez pas vous glorifier de votre sagesse, vous agiriez contre toute vérité, vous mentiriez.
[15] Cette sagesse-là ne vient pas d’en haut ; au contraire, elle est terrestre, sensuelle, diabolique ;
[16] car là où règnent la passion des disputes, là règnent aussi le désordre et toutes sortes de mauvaises choses.
[17] La sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de compassion et de bons procédés, sans duplicité, sans hypocrisie.
[18] Ce fruit, la justice, est semé au moyen de la paix par ceux qui répandent la paix.

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La première et dernière liberté, Krishnamurti

Je pense que, sans trop de discussions, sans trop d’expressions verbales, nous sommes tous conscients du fait que nous vivons actuellement dans un chaos, une confusion, une misère, à la fois individuels et collectifs.
Cela est vrai non seulement en Inde, mais partout dans le monde : en Chine, en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, bref, le monde entier est dans un état de confusion, de misère grandissante. Cette souffrance, non seulement individuelle mais aussi collective, est extraordinairement aiguë. Il s’agit donc d’une catastrophe mondiale, et la limiter à une simple région géographique, à telle section colorée de la mappemonde serait absurde, car cela nous empêcherait de comprendre la pleine signification de cette souffrance mondiale et individuelle. Étant conscients de cette confusion, quelle est notre réponse à ce fait ? Comment y réagissons-nous ?
La souffrance est politique, sociale, religieuse; tout notre être psychologique est dans la confusion, nos chefs politiques et religieux n’y peuvent rien et les livres sacrés ont perdu leur valeur. Vous pouvez consulter la Bhagavad Gîtâ ou la Bible ou le dernier traité de politique ou de psychologie et vous verrez qu’ils ont perdu la résonance, la qualité de la vérité. Ce ne sont plus que de simples mots. Et vous-mêmes, qui faites profession de répéter ces mots, vous êtes confus et incertains, cette répétition ne transmet rien. Ainsi, les mots et les livres ont perdu leur signification et vous, qui citez la Bible, Karl Marx ou la Bhagavad Gîtâ, étant vous-mêmes dans l’incertitude et la confusion, votre répétition devient mensonge, les mots écrits ne sont plus que propagande, et la propagande n’est pas la vérité. Aussitôt que vous vous mettez à répéter, vous cessez de comprendre votre propre état d’esprit. Vous ne faites que cacher votre confusion au moyen de l’autorité que vous accordez à des mots. Mais ce que nous essayons de faire, ici, c’est comprendre cette confusion et non la recouvrir au moyen de citations. Or, quelle est votre réponse à cela ? Comment réagissez-vous à cet énorme chaos, à cette confuse incertitude de l’existence ? Soyez-en conscients à mesure que j’en parle; ne suivez pas mes mots mais la pensée qui agit en vous. La plupart d’entre nous ont l’habitude d’être des spectateurs et de ne pas participer à l’action; de lire des livres et de ne pas en écrire; être spectateur est devenu une tradition, 7
notre habitude nationale et universelle. J.Krishnamurti

 La première et dernière liberté, J.Krishnamurti

Introduction
Communiquer l’un avec l’autre, même si l’on se connaît très bien, est extrêmement difficile. Il se peut que j’emploie des mots dans un sens qui n’est pas le vôtre, mais il ne peut y avoir de compréhension entre nous que si nous nous rencontrons au même niveau, au même instant. Une telle entente comporte une affection réelle entre une personne et l’autre, entre mari et femme, entre amis intimes. C’est cela la vraie communion: une compréhension réciproque et instantanée qui se produit lorsqu’on se rencontre au même niveau, au même instant. Cette communion spontanée, effective et comportant une action définie est très difficile à établir. J’emploie des mots simples, qui ne sont pas techniques, car je pense qu’aucun mode spécialisé d’expression ne peut nous aider à résoudre nos problèmes fondamentaux. Je ne me servirai donc d’aucun terme technique employé soit en psychologie, soit en science. Je n’ai, heureusement, lu aucun livre de psychologie ou de doctrine religieuse. Je voudrais transmettre, au moyen des mots très simples de la vie quotidienne, un sens plus profond que celui qu’on leur accorde habituellement; mais cela me sera difficile si vous ne savez pas écouter.
Il existe un art d’écouter. Pour écouter réellement, il faut pouvoir abandonner, ou écarter, tous les préjugés, les expressions toutes faites et les activités quotidiennes. Lorsque l’on est dans un état d’esprit réceptif, l’on peut comprendre aisément; vous écoutez aussitôt que vous accordez réellement votre attention à ce que l’on dit. Mais, malheureusement, la plupart d’entre nous écoutent à travers un écran de résistances. Nous vivons derrière un écran fait de préjugés, religieux ou spirituels, psychologiques ou scientifiques, ou composé de nos soucis quotidiens, de nos désirs et de nos craintes. Et, abrités derrière tout cela, nous écoutons. Donc, nous n’entendons en réalité que notre propre bruit, notre son, et non pas ce que l’on nous dit. Il est extrêmement difficile de mettre de côté notre formation, nos préjugés, nos inclinations, nos résistances, et, allant au-delà de l’expression verbale, d’écouter de façon à comprendre instantanément ce que l’on nous dit. Ce sera là une de nos difficultés.

joyeuz merde pere noel

 

ma nièce 6 ans a de plus en plus de mal à marcher, icm, non pas poids idéal mais paralysie cérébrale, dystonie, petite fille intelligente, et qui était joyeuse, qui aimait danser sur la musique gitane, et pan ! la nature t’envoie une paralysie dans la gueule ! tu restes sur ta chaise et tu bouges pas !

elle marche tordue, les jambes en X , les pieds déformés, se tient au meubles, devient molle, perd de sa joie, heureusement, j’ai jamais fait de gosse avec quiconque, tu donnes la vie mais tu prends aussi la maladie, la mort, et toutes les merdes …

non merci, je ne ferais jamais une telle horreur, quitte à faire crever l’humanité …

que va t elle devenir cette gamine ? besoin d’aide tout le temps et de plus d’amour et d’attention, mais elle a un père qui est un gros con et qui ne crois pas à sa maladie et l’oblige à forcer sur ces muscles, qui a le plus a donné une mère ou un père ? l’hypocrisie de la modernité, les mères ont perdu leur droits, ou leur envie d’être mère ? misère !

des parents séparés , petite fille sac à patate ballottée d’un point à un autre, quelle merde cette nouvelle humanité, allez y à fond , créer de la misère, du désespoir, même si la joie existe, et alors ? résultat social ? des êtres déchirés …

occuper les êtres humains, que les riches exploitent les pauvres, que la médecine avance sur le dos des morts, que la science et le business avancent sur l’empoisonnement et les fabuleux miracles de l’ennui et de l’illusion , que le progrés avance sur les guerres atroces et les innocents déchirés, mutilés et en pièces, humanité qui es tu ? où vas tu ? nulle part, et donc ? tout es permis ? tout es impossible ? tout n’est que vide ? comme toujours le sens de tout ça ? la bouffonnerie et la blague générale, celle du pet dans l’eau d’un bain moussant aromatisé à la lavande : le summum …

CIORAN: Exercices négatifs

EXASPÉRATION

Je comprends l’état de celui qui renonce au monde : qu’est-ce qu’on y trouve qui vaille la peine d’y rester ? Je vis au seuil du couvent : le manque de foi m’empêche d’y entrer ; d’autre part, le dégoût des hommes m’[en]159 éloigne, et je suis aussi peu à Dieu qu’à ses fils. Je n’ai que l’imitation du moine sans ses certitudes, son horreur du temps sans l’espoir de l’éternité, et une vision de la vie qui m’oblige [à] la fuir sans moyen de lui substituer autre chose, ne pouvant chérir ses balivernes ni me reposer dans l’absolu. Tout me bannit du monde ; tout m’arrête dans la marche vers le ciel, et je n’ai qu’une tristesse sans direction, une âme sans caractère, un moi ivre d’une liberté qui le perd. Je me représente toutes les haines de tous ceux qui abandonnèrent le monde : je les assume ; toutes les crispations qui firent frissonner les monastères : je les ressens ; tous les cauchemars qui traversèrent les solitudes : je les prends à mon compte.

(CIORAN, Exercices négatifs)

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LA PENSÉE MACABRE

Ces pauses subites dans l’indifférence, ces fulgurations dans la monotonie habituelle : des cadavres surgissent et disparaissent ; on s’y reconnaît ; on s’y distingue soi-même. En un clin d’œil, l’espace est farci de vers, et le temps déroule sa pourriture148. Cette vision dure peu ; mais elle se déguise et glisse – pour s’y perpétuer – dans les concepts ; elle altère la pensée, en corrompt la nature, la direction et la couleur : c’est un processus analogue qui à la fin du Moyen Âge donna naissance à la série de Danses macabres et à ce pullulement de livres que l’on intitulait : « L’art de mourir ». Dans les poèmes de Jacopone da Todi149 ou dans les images de Holbein, c’est la terreur de la physiologie qui détermine cette vision de chair abolie et de squelette gambadant. Et, en effet, rien n’est plus troublant que les vérités de la physiologie : nos plus concrètes et nos plus profondes angoisses en procèdent, comme si nos os et la graisse qui s’y agrippe constituaient le fondement unique de nos tourments et qu’il n’y eût point de réalité supérieure à la condition de notre poussière. En vain chercherions-nous d’y opposer tant de réflexions nourries de sérénité : nos organes, nos tripes, nos glandes, enveloppés dans un fiel diffus, concourent à la ruine de ces réflexions et se concertent à leur imposer un autre corps et un modèle de « savoir » tout différent. Et c’est ainsi que nous tombons en dépendance de notre corps, et que notre esprit, pour l’avoir trop souvent imaginé en décomposition, se décompose avec lui.

(cioran, Exercices négatifs)

Vanités plurielles

La révolution du silence), Krishnamurti

Être religieux ce n’est pas porter un pagne, n’avoir qu’un repas par jour, ou répéter quelque mantra ou quelques phrases absurdes bien qu’elles puissent agir comme stimulants. Et c’est être encore mondain lorsqu’on renonce au monde et qu’on en fait partie intérieurement, parce qu’on est envieux, avide et peureux, qu’on accepte l’autorité et la division entre celui qui sait et celui qui ne sait pas. C’est encore s’attacher au siècle que de rechercher une réussite, que ce soit la célébrité ou la réalisation d’un but que l’on appelle l’idéal, ou Dieu, ou autrement. Ce qui est essentiellement du siècle c’est accepter la tradition d’une culture. Se retirer dans une montagne, loin des hommes, n’élimine pas cette vanité. La réalité, en aucune circonstance, ne se trouve dans cette direction.

Il faut être seul, mais cet état n’est pas un isolement. Il implique un affranchissement du monde de l’avidité, de la haine et de la violence, avec ses subtilités, sa douloureuse solitude et son désespoir.

Être seul c’est être un étranger qui n’appartient à aucune religion, nation ou croyance, à aucun dogme. Être seul est l’état d’une innocence que n’ont jamais atteint les méfaits commis par l’homme. C’est une innocence qui peut vivre dans le monde, avec toutes ses confusions, et pourtant ne pas y appartenir. Elle ne porte aucun revêtement particulier. La floraison du bien n’a lieu le long d’aucun sentier, car il n’y a pas de sentier qui mène à la vérité.

(Moon+ Reader v3.0, La révolution du silence), Krishnamurti

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Ecclésiaste 1:2-11 /bible

Vanité des vanités, dit le Prédicateur ; vanité des vanités ! Tout est vanité. Quel profit a l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil ? Une génération s’en va, et une génération vient ; et la terre subsiste toujours. Et le soleil se lève, et le soleil se couche, et il se hâte vers son lieu où il se lève, Le vent va vers le midi, et il tourne vers le nord ; il tourne et retourne ; et le vent revient sur ses circuits. Toutes les rivières vont vers la mer, et la mer n’est pas remplie ; au lieu où les rivières allaient, là elles vont de nouveau. Toutes choses travaillent, l’homme ne peut le dire ; l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se satisfait pas d’entendre. Ce qui a été, c’est ce qui sera ; et ce qui a été fait, c’est ce qui se fera ; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une chose dont on puisse dire : Regarde ceci, c’est nouveau ? — Elle a été déjà, dans les siècles qui furent avant nous. Il n’y a pas de souvenir des choses qui ont précédé ; et de même, de celles qui seront après, il n’y en aura pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
(Ecclésiaste 1:2-11 [FreJND])

premier bilan

clav1

Que retenir de mes premiers mois en milieu scolaire comme technicien ?

étrange de se trouver parfois au milieu du cours à essayer de débloquer un pc ou faire fonctionner un vidéo-propjecteur …

20 ou 25 élèves et un prof attendent …

la pression monte, trouver en qq minutes ou secondes la solution qui va débloquer le problème, mais aussi le cours. faire fonctionner ses neurones, ses souvenirs, sa technicité, ses compétences, sa logique, rester confiant, ne pas avoir peur de l’échec car celui-ci est aussi un apprentissage pour la prochaine fois …

deux sentiments s’opposent, celui de déranger le cours et celui de participer à sa bonne tenue.

comme , intervenir en plein cours sous les bureaux pour débrancher claviers et souris et en rebrancher des fonctionnels, ça c’est perturbant, mais se dire aussi que certains ados détruisent volontairement du matériel, pourquoi ? ennui ? révolte contre quoi ? qu’est-ce qui échoue à ce moment là quand un jeune arrache consciencieusement des touches de claviers ?

moi-même je n’aurai jamais eu l’idée de m’en prendre à un clavier (il n’y avait pas d’informatique à l’école à cette l’époque) , les lettres, les mots, le centre de l’écriture , voilà ce que m’évoque ceci. le manque de communication, d’échange de mots ? le refus d’écrire, de s’exprimer, comment les rendre responsable de devoir prendre soin d’un matériel commun ? quel déclic peut entamer une démarche de compréhension de la vie en groupe ?

il faut dire que je suis tombé dans un lycée où pour certains c’est la dernière chance d’arriver à qq chose, un lycée pro ce n’est pas une mince affaire, que leur manquent ils à ces quelques jeunes qui saccagent ? l’espoir ? du concret ? de l’intégration ? mais aussi un miroir car certains ne doivent même pas savoir comment ils fonctionnent, tout comme les lettres qui manquent sur un clavier, ils leur manquent des mots pour écrire leur histoire, peut être …

quels auteurs convoquer pour tenter d’expliquer ces comportements ?
en tout cas c’est enrichissant de rencontrer toutes ces différences dans un lycée et de voir les usages du numérique … même les mauvais.

bien-sur les élèves ne sont pas seul en cause, ils vivent dans un système et les causes sont donc multiples, y compris celui de la technique et de l’intendance, quelle organisation optimale mettre en place ? tant de questions !
à suivre …