CIORAN, de l’inconvénient d’être né

Nous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance, nous nous démenons, rescapés qui essaient de l’oublier. La peur de la mort n’est que la projection dans l’avenir d’une peur qui remonte à notre premier instant.
Il nous répugne, c’est certain, de traiter la naissance de fléau : ne nous a-t-on pas inculqué qu’elle était le souverain bien, que le pire se situait à la fin et non au début de notre carrière ? Le mal, le vrai mal est pourtant derrière, non devant nous. C’est ce qui a échappée au Christ, c’est ce qu’a saisi le Bouddha : « Si trois choses n’existaient pas dans le monde, ô disciples, le Parfait n’apparaîtrait pas dans le monde… » Et, avant la vieillesse et la mort, il place le fait de naître, source de toutes les infirmités et de tous les désastres.

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par univerzoro Posté dans humeur

2 commentaires sur “CIORAN, de l’inconvénient d’être né

  1. il est certain que c’est un autre mode de pensée, moi même je ne sais qu’en penser , si ce n’est le penser de temps à autre et à d’autre moment d’accepter le fait inacceptable d’être et de persister dans cet être et le transfigurer au delà du non être pensé, mais le peut on vraiment, il nous reste alors comme une tache de vin sur une nappe blanche éclatante, le fait que c’est arrivé et que c’était là pour ça, l’immaculé est trahi par le temps.

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