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26 April, 2016 12:51

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par univerzoro Posté dans pensée

sur Cioran et le desespéré

« Ce rapport à soi s’apparente à un stoïcisme au sens large. Il peut prendre diverses formes, suivant le degré d’activité du moi ou encore sa force de volonté pour devenir réellement cet infini qu’il désire être. Passif, concentré sur la conscience de sa souffrance infinie, il cherchera à la sublimer dans un renoncement extatique qui, par dissolution du moi, pourrait, grâce à l’oubli, combler le vœu de paix du désespéré. Actif au contraire, il cherchera à se rendre maître de ce moi en lui imposant des tâches surhumaines, à la mesure de sa volonté de puissance sur soi. Pour Kierkegaard, ces objectifs démesurés ne sont « jamais que des châteaux en Espagne », constructions artificielles, « moulins à vent »154 dont la seule justification est de permettre une apparente domination de soi. Dans les deux cas, dit-il, le désespéré trouve dans l’exaltation des souffrances infinies du moi plaisir et jouissance. C’est pourquoi il ne songe pas en réalité à se défaire de lui. À travers tous les processus de sublimation ou de défi, ce moi demeure « l’écharde dans la chair »,155 refusant toute aide, comme humiliante, tant d’autrui que de Dieu. Ce désespoir orgueilleux ne tarde pas à devenir démoniaque : le désespéré, croyant trouver dans sa souffrance la preuve de son exceptionnelle supériorité, se dresse contre l’ensemble de la Création et Celui qui l’a ordonnée, pour être totalement son moi malgré Lui, sans Lui. Comme chez les poètes maudits, le défi éternel contre toute la vie est à ses yeux la preuve que c’est la vie même qui est maudite, et qu’au cœur de cet enfer du mal, lui seul, tel un ange déchu, règne. Car lui seul sait que tout, hormis le mal, est mensonge. »

N. PARFAIT

CIORAN OU LE DÉFI DE L’ÊTRE

marches

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pourquoi m’as tu fais créature
faible à en mourir
mer immense perdu en son vide
je suis l’intérieur à jamais ouvert

sans place racheté au néant
j’immerge mon ame broyée
jusqu’au large sourire noir
de mon avenir hagard de mon sang

il n’y a plus de larve d’espoir
jusqu’au sombre dédale de l’irréel
la foret nocturne de mon ame éternelle
déborde les nuits obscures du dehors

mortes nuits de l’extase atrophiée
j’implore ce qu’il reste du dedans
l’enfer écarlate d’un territoire déchiré
brûlant les chairs des martyrs délirants

dans l’oeil unique d’un regard emporté
un impossible paraître mort-né agonise
l’avenir sans éclore toujours m’étouffe

fleuris toujours mon ame en ce sombre gisant
je marche pleurant ma dernière enveloppe
au vent des tempêtes hurlantes
solitaires douleurs du cyclope

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Après le suicide de son mari, une agricultrice veut se battre, Actualités générales – Pleinchamp

Elle pose les coudes sur la nappe cirée impeccable, comme sa cuisine, respire un coup: depuis le suicide de son mari l’an dernier, Dominique Barbe se bat, avec son fils, pour maintenir l’exploitation à flot. Aujourd’hui, elle parle pour b

Source : Après le suicide de son mari, une agricultrice veut se battre, Actualités générales – Pleinchamp

par univerzoro Posté dans pensée