Partager: Solitude et destin, CIORAN

La souffrance est l’école de la tolérance. Apprendre à souffrir, c’est apprendre à pardonner. Pourquoi pardonne-t-on ? Parce que, dans la douleur, on se détache progressivement des choses. Dans le désespoir, détaché de tout, on pardonne tout. L’homme normal et médiocre, attaché au monde qui l’entoure, pris par des occupations mesquines, incapable de comprendre les états maladifs, ne peut rien pardonner, parce que son attachement aux choses le mène à l’isolement et à l’intolérance. L’homme normal a un style de vie figé et limité, qui se réduit au fond à son intérêt pour l’objet, à son intégration dans l’objectivité. Il attend tout du temps ; d’où le rôle de la surprise dans sa vie. Incapable de s’élever au-dessus de la série temporelle, il est un prisonnier du cours démoniaque du temps.

(Moon+ Reader v3.0, Solitude et destin) CIORAN

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6 commentaires sur “Partager: Solitude et destin, CIORAN

    • oui, c’est quand même ambigu ce que nous raconte Cioran … qu’est ce que l’homme normal et soufrir n’engendre t il pas, quand ça vient des autres une forme de vengeance, il y a donc un point où la souffrance infligé par quelqu’un doit être dépassé pour s’élever, dans la vie « normale », peu de gens en sont capable et la souffrance est toujours la cause de l’autre, est ce à dire qu’on ne se pose pas la question de la vrai cause de la souffrance et sa capacité à comprendre. mais le pb c’est qu’il n’y a pas qu’une seule de souffrance, il y a des souffrances qui viennent seule et dont on ne peut établir la cause réelle, celles là nous apprenent elles aussi à pardonner … ambigu ce dont parle Cioran , à réfléchir …ce pardon ne mène pas à l’autre mais à mieux que soi, possible aussi …

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