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Partager: De l’inconvénient d’être né, cioran

À mesure qu’on accumule les années, on se forme une image de plus en plus sombre de l’avenir. Est-ce seulement pour se consoler d’en être exclu ? Oui en apparence, non en fait, car l’avenir a toujours été atroce, l’homme ne pouvant remédier à ses maux qu’en les aggravant, de sorte qu’à chaque époque l’existence est bien plus tolérable avant que ne soit trouvée la solution aux difficultés du moment.

(Moon+ Reader v3.0, De l’inconvénient d’être né)cioran

Partager: De l’inconvénient d’être né,CIORAN

On reconnaît à ceci celui qui a des dispositions pour la quête intérieure : il mettra au-dessus de n’importe quelle réussite l’échec, il le cherchera même, inconsciemment s’entend. C’est que l’échec, toujours essentiel, nous dévoile à nous-mêmes, il nous permet de nous voir comme Dieu nous voit, alors que le succès nous éloigne de ce qu’il y a de plus intime en nous et en tout.
 

(Moon+ Reader v3.0, De l’inconvénient d’être né), CIORAN

Partager: De l’inconvénient d’être né, CIORAN

Je ne me pardonne pas d’être né. C’est comme si, en m’insinuant dans ce monde, j’avais profané un mystère, trahi quelque engagement de taille, commis une faute d’une gravité sans nom. Cependant il m’arrive d’être moins tranchant : naître m’apparaît alors comme une calamité que je serais inconsolable de n’avoir pas connue.

(Moon+ Reader v3.0, De l’inconvénient d’être né),CIORAN

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Partager: De l’inconvénient d’être né,CIORAN

Le non-savoir est le fondement de tout, il crée le tout par un acte qu’il répète à chaque instant, il produit ce monde et n’importe quel monde, puisqu’il ne cesse de prendre pour réel ce qui ne l’est pas. Le non-savoir est la gigantesque méprise qui sert de base à toutes nos vérités, le non-savoir est plus ancien et plus puissant que tous les dieux réunis.

(Moon+ Reader v3.0, De l’inconvénient d’être né)CIORAN

Partager: Le zoo humain, desmond Morris

Dans des conditions normales dans leur habitat naturel, les animaux sauvages ne se mutilent pas, ne se masturbent pas, n’attaquent pas leur progéniture, n’ont pas d’ulcère à l’estomac, ne deviennent pas fétichistes, ne souffrent pas d’obésité, ne forment pas de couples homosexuels et ne commettent pas de meurtres. Chez les humains citadins, inutile de dire que tout cela se produit. Cela trahit-il alors une différence fondamentale entre l’espèce humaine et les animaux ? Au premier abord, il le semblerait. Mais c’est là une illusion trompeuse. D’autres animaux ont en effet ce comportement dans certaines circonstances, et plus précisément lorsqu’ils sont victimes des conditions anormales qu’impose la captivité. L’animal de zoo en cage présente toutes ces anomalies que nous connaissons si bien pour les avoir observées sur nos congénères humains. Il est dès lors évident que la ville n’est pas une jungle de béton, mais un zoo humain.
 

Il ne faut pas comparer le citadin et l’animal sauvage, mais le citadin et l’animal captif. Le moderne animal humain ne vit plus dans des conditions naturelles pour son espèce. Pris au piège, non pas par un chasseur travaillant pour un zoo, mais par sa propre et brillante intelligence, il s’est installé dans une immense ménagerie où, incapable de trouver le repos, il court constamment le danger de craquer sous cette tension impitoyable.

(Moon+ Reader v3.0, Le zoo humain) desmond Morris

Partager: L’abolition du travail’bob black

le travail c’est l’emploi, c’est-à-dire le travail salarié, ce qui revient à se vendre à crédit. Ainsi 95 % des Américains qui travaillent sont salariés – de quelqu’un ou de quelque chose. Dans les États régis par le modèle socialiste, on n’était pas loin des 100 %. Seuls les bastions du tiers-monde agricole – le Mexique, l’Inde, le Brésil, la Turquie – abritent pour un temps encore des concentrations significatives de paysans qui perpétuent l’arrangement traditionnel régentant l’essentiel de l’activité au cours des derniers millénaires : le versement d’impôts écrasants, qu’on peut appeler rançon, à l’État ou de rentes à des propriétaires terriens parasitaires, en échange d’une certaine tranquillité. De nos jours, même ce marché de dupes, cette existence précaire et soumise, paraît préférable à l’esclavage salarié. Tous les travailleurs de l’industrie et des bureaux sont des employés et subissent donc une forme de surveillance qui garantit leur servilité.
 

Mais le travail moderne engendre pire effets encore. Les gens ne se contentent pas de travailler ; ils ont des « jobs », des pseudo-métiers, et accomplissent continuellement une seule tâche productive. Même si cette dernière recèle une dimension intéressante (ce qui est le cas d’un nombre décroissant de ces jobs), la monotonie induite par son exclusivité obligatoire phagocyte tout son potentiel ludique. Un job qui pourrait engager l’énergie de quelques personnes, durant un temps raisonnable, pour le plaisir, devient un fardeau pour ceux qui doivent s’y astreindre quarante heures par semaine, sans avoir leur mot à dire sur la manière de le faire, pour le seul profit d’actionnaires qui ne contribuent en rien au projet – et sans la moindre possibilité de partager les tâches parmi ceux qui doivent vraiment s’y frotter. Voilà le vrai monde du travail : un monde de bévues bureaucratiques, de harcèlement sexuel et de discrimination, peuplé de patrons obtus exploitant et brimant leurs subordonnés, lesquels – selon n’importe quel critère technique et rationnel – devraient être aux commandes et prendre les décisions. Mais dans la réalité, le capitalisme soumet encore les impératifs de productivités et de rentabilité aux exigences du contrôle organisé.

(Moon+ Reader v3.0, L’abolition du travail)bob black